‹ L'annonce et la réclame - les cris de ParisChapitre 15 sur 21 · C. de Rochefort · texte numérisé non relu

C. de Rochefort

Nicot,

Furetière,

Richelet,

Ménage,

La Curne de Sainte-Palaye,

Trévoux.

Roquefort, dans son Glossaire de la langue romane , le traduit par civette : ce serait donc notre ciboulette.

3 Me convient, me plaît.

4 Peut-être pour aigret, c’est le nom qui se donnait à un suc extrait de l’orange. — Sur le sens du mot aigrun, voy. ci-dessus, p. 135.

5 Pâtisserie faite avec du beurre et desjaune3 d’œufs. On y ajoutait parfois du fromage.

6 Voy. ci-dessus, p. 13S.

Fèves de marais, fèves!

Orange!

Peigne 1 vide !

Pêches de Gorbeil !

Échalotte, appétits 2 nouveaux!

Amandez vos dames, amandes 3 !

Allemandes 4 nouvelles !

Navets, navets, mes beaux navets!

Raves, douces raves !

A mes beaux balais 1

A un tournois le chapelet!

Mes beaux pigeons!

Feurre 5 , feurre, feurre! „

Vin nouveau, vin clairet!

Marrons de Lyon 6 , chastaignes rôties!

A qui l’aura, mon mont 7 de gros bois!

Beaux échaudés !

Sèches bourrées, falourdes!

1 II est sans doute ici question du coquillage qui porte ce

2 « Les femmes qui revendent par les rues de Paris sur des paniers qu’on nommeinventaires (voy. ci-dessus, p. 181), apellent apétit les harangs sorez et les raves. En criant les raves, elles disent simplement apétis, et en criant les harangs sorez elles crient apétit, craquelot apétit. » Richelet, Dictionnaire français, t. I, p. 62. — Craquelât était un autre nom du hareng saur. Voy. Savary, Dictionnaire du commerce, t. I, p. 1599.

3 Voy. ci-dessus, p. 195.

4 Certains airs de danse portaient ce nom au seizième siècle. Peut-être est-ce de cela qu’il s’agit ici.

6 Paille.

LES CRIS DE PABIS. 215

Cerlaux 1 beaux certaux !

A Paris, sur Pelit-Pont, gebire de feurrc 2 !

Si vous en voulez plus ouïr Allez donques quérir.

Chanson nouvelle de tous les cris de Paris.

Et se chante sur la volte de Provence 3 .

[Année 1572.]

Voulez-vous ouir chansonnelte De tous les cris de Paris?

L’un crie des allumette,

L’autre fusils, bons fusils.

1 Poires de Certeau ou Certau.

2 Tout ce que je puis dire au sujet de cette phrase, c’est qu’au seizième siècle il y avait au Petit-Pont un port à fourrage. Voy. Delamare, Traité de la police, t. III,

3 Voy. ci-dessus, page 68. — Cette pièce figure dans la collection Maurepas, t. I,p. 243. Mais un texte évidemment meilleur, celui que je donne ici, a été publié par M. Assézat dans une note de ses OEuvres facétieuses de Noël du Fail.

Tous les mots qui n’ont pas ici de commentaire sont expliqués dans les pièces précédentes. La volte était une danse originaire d’Italie.

J’omets à dessein une pièce sans intérêt qui a été imprimée en 1548, et qui a pour titre : Farce nouvelle, Iresbonne et fort récréative pour rire des cris de Paris ; onia trouve dans VAncien Théâtre françois de Viollet-Leduc, t. II, p. 303.

Coslrets secs. A la male tache ;

Verres jolis. Qui a de vieux soûliez À vendre en bloc ou en tasche *?

Beaux oeufs frais, gelez, choux gelez.

Auranges, citrons, grenades,

Fourmage hors de Milan 1 2 ,

Salades, belles salades,

Faut-il du bon pain challant?

A ramoner la cheminée Hault et bas. Vieux fers, vieux drapeaux.

Beaux choux blancs, ma belle porée.

Moutarde, almanachs nouveaux.

Vin aigre, bon vin aigre.

Sablon à couvrir les vins.

Charbon de rabays en Grève,

Le minot à neuf douzains.

Du grays 3 , grays. A la fine éguille.

J’ay la mort aux rats, aux souris.

Antonnoirs, bons forets et'vrilles.

Ça chalants, à curer les puils.

Argent cassé, vieille monnoye.

Émouleur, gaigne-petit,

Croye 4 de Champagne, croye,

1 Vendre en bloc et en tâche,' c’était vendre en masse, sans entrer dans le détail des pièces.

s 11 faut sans doute lire fromage fort de Milan. C’est le parmesan qui était ainsi désigné.

3 Du grès.

4 Craie.

Oublie, oublie, où est-il?

A deuxliards les chansons tant belles.

Douces meures, gentil fruit nouveau.

A mes beaux cerneaux, noix nouvelles, Capandu, poires de certiau.

Gros fagols, seiche bourrée.

A mes beaux navets, navets.

Chicorée, chicorée.

Argent de mes gros ballets.

Noir à noircir, couvercle à lessive.

Peignes de bouys. Gravelé 1 , graveleau.

Beaux marrons. A l’escaille vive 2 !

Chaudronnier. Qui veut de belle eau?

A quatre deniers la peinte 3 Gentil vin blanc et clairet.

Éguillette de fil teincte.

Argent du fin trébuschet 4 .

Vert verjus, oignons à la bote.

Harenc sor. Panets, beaux panels,

Beau cresson, carotte, carotte,

Pois verds, fèves de marets.

Prunes de damats 5 , cerises,

1 Cendre gravelée.

2 Des huîtres vivantes. Voy. ci-dessus, p. 126.

* On possédait déjà, au commencement du dix-huitième siècle, des trébucliets que la 4,096 e partie d’un grain faisait trébucher. Je laisse la responsabilité de cette assertion à Savary, Dictionnaire du commerce, au mot Trébuchet.

5 De Damas.

Quomquombre, beaux abricaux*.

De bon ancre pourescrire.

Beaux melons*, gros articbaux.

Harencfrais, maquereau de chasse 3 .

A refaire les seaux et soufflets.

Cytroulles. Filace *, filace.

Qui a vieux chapeaux, vieux bonnets ?

Fourmage de cresme, fourmage.

Aux racines de percins 5 .

Rave douce, belle asparge 6 .

Beau houblon. Peau de conin 7 .

Gerbe de froment. Foirre nouveau, foirre 8 9 .

Bons râteliers. Chambrières de bois •.

Beau may de lioux. A la pierre noire.

Ruben 10 blanc, ruben, beaux lacets.

1 L’abricot ne fut connu en France que vers le milieu du seizième siècle. Ainsi que les melons, il ne figure pas dans les pièces précédentes.

2 Le melon date des campagnes de Charles VIII en Italie, mais il ne fut pendant très-longtemps cultivé que dans le Midi.

* Apporté par les chasse-marée.

4 Filasse.

5 Persil.

6 Asperge. — Vingt ans auparavant, Rabelais faisait encore ce mot masculin, comme l’est en latin asparagus. Voy. Pantagruel, liv. IV, ch. vu.

8 Paille.

9 Soit les barres de bois qui soutenaient la paillasse des . lits, soit une sorte de chandelier en bois.

10 Ruban.

CUIS DE PARIS

A trente sous l’émeraude Et l’aneau de grand valleur.

Fèves cuites toutes chaudes.

Pain d’espice pour le cœur.

Beaux chappelets, couronne royalle De beaux coings, pêches de Corbeil.

Beaux poreaux, gros navets de halle.

Beaux bouquets. Qui veut de bon laict?

Figues de Marseille, figues.

Beaux merlus, chervis de Trois ! .

Carpes vives, carpes vives.

Beaux espinards, lard à pois.

Escargots, tripes de morue.

Beaux raisins, bon pruneau de Tours.

Ainsi vont crians par les rues Leurs estats, chascun tous les jours.

Extrait de

la Fille de Paris en vers burlesques

Far Berthaud.

[Année 1652.]

Les écrivains du dix-septième et du dixhuitième siècle, les auteurs dramatiques sur-

1 Destinée au roi de la fève. Voy. ci-dessus, p 160. s Troyes.

tout, ont fait çà et là quelques emprunts aux cris de la rue ; mais il y aurait peu d’intérêt à recueillir ces phrases éparses. Cependant Berthaud, dans sà Ville de Paris en vers burlesques, a consacré à la Galerie du Palais 1 une longue description dont quelques vers peuvent trouver place ici.

Et puis entrons clans le Palais,

Où nous verrons que Piabclais N’a point dit tant de railleries Qu’il s’y fait de friponneries. ■

Nous y verrons de fins trompeurs,

D’illustrissimes affronteurs.

Allons y voir la grande presse De gens allans, venans sans cesse,

Qu’on y voit presque tous les jours.

Là, les courretières d’amours Font mille tours de passe-passe.

Le mal s’y fait de bonne grâce.

Les plus sages y sont trompez.

Approchez-vous icy, madame !

Voicy ce qu’il vous faut, tenez!

Dit un autre marchand qui crie Du milieu de la gallerie.

J’ay de beaux masques et de beaux glans,

De beaux mouchoirs, de beaux galans i .

1 Ou galerie Mercière. Elle ej>t représentée aujourd’hui par la galerie située en haut du grand escalier d’honneur. C'est là que les avocats ont leur vestiaire.

s Coques de ruban, dont on ornait les épaules, les ou-

Venez icy, mademoiselle,

J’ay de bellissime dentelle,

Des points coupés 1 qui sont fort beaux, De beaux estuis, de beaux cizeaux,

De la neige 4 des plus nouvelles ;

J’ay des cravates les plus belles,

Un mancbon, un bel éventail.

Des pendants d’oreilles d’émail,

Une coëffe de crapaudaille 3 ;

J’ay de beaux ouvrages de paille.

Monseu, dit un autre, voicy Ce qui ne se trouve qu’icy :

Des cousteaux à la Polonoise,

Des collets de buffle à l’Angloise,

Un castor qui vient du Japon.

Venez voir un feutre fort bon,

Il est excellent pour la pluye,

C’est de ceux qu'on porte en Turquie.

Des canons, des bas à botter 4 .

Monseu, voulez-vous achepter?

vertures du pourpoint, le haut-de-cbausses, et qui, à la ceinture, couvrait le ventre comme un petit tablier.

1 Sorte de dentelle en application.

4 Dentelle commune et très-légère. Voy. le Dépit amoureux, acte IV, sc. 4.

3 Ou crespodaille. Sorte de crêpe de soie. Voy. Savàky, Dictionnaire du commerce.

4 Canons et lias à botter ou bas de bottes étaient des expressions à peu près synonymes. On nommait ainsi de volumineuses genouillères formées de plusieurs cercles d’étoffe frangés de dentelles. Noués à la rliingrave, ample culotte assez semblable à celle que portent nos zouaves, ils descendaient jusqu’à l’épanouissement de la botte à entonnoir qui se terminait au milieu de la jambe par un vaste revers. On portait, d’ailleurs, des canons même sans bottes. Voy. l’École des maris, acte I, sc. 1.

Mais escoutons ceste marchande :

Monseu, j’ay de belle Hollande *, Des manchettes, de beaux rabats 2 , De beaux collets, de fort beaux bas.

Acheptez-vous quelque chemise?

Voicy de belle marchandise !

Venez, monseu, venez à moy,

Vous aurez bon marché, ma foy!

1 De la toile de Hollande.

5 Col rabattu, très-large, qui retombait sur les épaules et la poitrine. Il était attaché sur le devant par des cordons garnis de gros glands. Hommes et femmes en portaient. Voy. les Précieuses ridicules, sc. 5.

INDEX ALPHABÉTIQUE

INDEX ALPHABÉTIQUE

[DEX ALPHABÉTIQUE

Bondy (poissons de), 137.

Bongars (vicomte de), 61.

Bonnetiers, 83.

Bonnets, 220.

Bons-Enfants (collège des), 17,18,139.

Borgons, 143.

Bottes, 78,138, 169, 223.

Bouchon, enseigne, 36.

Bouclier, paillasson, 171.

Boudet (Ant.), 128, 129.

Bouillon, 134.

— (duc de), 59.

Boulangers, 8, 116, 136.

Bouleau (balais de), 149.

Bouquets, 208, 221.

Bourbon (quai), 186.

Bourgeoisie (droit de), 30.

Bourgogne (vins de), 37, 72.

— (poires de), 136.

Bourguignons, 37.

Bourrées, 150, 160, 173.

Bourru (vin), 71.

Boursiers, 3.

Boutiques, 4 à 8, 11, 116,

Boutons, 170.

Brantôme, 101, 102.

Bray (angelots de), 190,196 Bretagne (gruau de), 187.

— (vins de), 69,71.

Brétigny (vin de), 71.

Breton (Yve le), 20.

Bretonnerie (rue de la), 139.

Brézé (marquis de), 59.

Briançon (craie de), 164.

Brida veaux, gâteaux, 203.

Brides à veaux, 203.

Brie (fromage de), 14, 77, 136, 153, 189, 190.

Brignoles (pruneaux de), 187.

Brioches, 204.

Broche (à vendre), 21.

Brochet (œufs de), 196.

Brocs,21.

Brodeurs, 81.

Brossette (Claude), 164.

Bruyren Champier, 72.

Bureau de la Rivière, 190.

Bryone, 209.

Bûches, 16, 137, 150, 160, 212, 214.

Bûchiers, 137.

Buis (peignes de), 78, 170, 209, 219.

Bullet (J. B.), 53.

Cabus (choux), 196.

Caillaux (poires de), 136.

Calville (pommes de), 136.

Camelin, étoffe, 43.

Cameline (sauce), 185.

Canifs, 181,

Canons de dentelles, 223.

Cantiques, 141.

Capendu (pommes de), 76,

Capucins, 74.

Carcassonne (vin de), 37.

Cardeurs, 83.

Carême (lard de), 77.—Voy.

Baleine.

Carmes, 17, 18, 74, 139.

Carottes, 76, 185, 219.

Carpes, poissons, 77, 185,

Carvoysin (de), 60.

Cassemuseaux, 212.

Casseroles, 155.

Castor (chapeaux de), 223.

Catherine de Médicis, 117.

Catholique (religion), 86.

Cavereau-sur-Loire, 168.

Célestins (quai des), 99.

Cendre pour lessives, 78, 193, 198, 210. — Voy.

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