‹ L'Antechrist (volume 3)Chapitre 23 sur 369 · Acl.j XII · texte numérisé non relu

Acl.j XII

'i. Jos., Anl.j XÏX, VIII, 2; B, J,, II, xii, 6.

XXXIV LES APOTRKS.

Le second voyage dç Paul ayant eu lieu au moins quatorze ans après sa conversion, si Paul avait réellement fait le voyage de l'an 41, cette conversion aurait eu lieu Fan 30, ce qui est absurde. 11 est donc impossible de maintenir au voyage raconté Act.^ xi, 30 et XII, 35, aucune réalité.

Ces allées et venues paraissent avoir été racontées par notre auteur d'une façon très-inexacte. En comparant Act.:, XVII, H-i6; xviii, 5, hIThess.y m, 1-2, on trouve un autre désaccord. Mais, celui-ci ne tenant pas à des motifs dogmatiques, nous n'avons pas à en parler ici.

Ce qui est capital pour le sujet qui nous occupe, ce qui fournit le trait de lumière à la critique en cette question difficile de la valeur historique des Actes ^ c'est la comparaison des passages relatifs à l'affaire de la circoncision dans les Actes (ch. xv) et dans l'épître aux Galates (ch. ii). Selon les Actes^ des frères de Judée étant venus à Antioche et ayant soutenu la nécessité de la circoncision pour les païens convertis, une députation composée de Paul, de Barnabe, de plusieurs autres, est envoyée d' Antioche à Jérusalem pour consulter les apôtres et les anciens sur cette question. Ils sont reçus avec empressement par tout le monde; une grande assemblée a lieu. Le dissentiment se montre à peine, étouffé qu'il est sous les effusions

INTRODUCTION. xxxv

d'une charité réciproque et sous le bonheur de se trouver ensemble. Pierre énonce l'avis qu'on s'attendrait à trouver dans la bouche de Paul, à savoir que les païens convertis ne sont pas assujettis à la loi de Moïse. Jacques n'apporte à cet avis qu'urne très-légère restriction ^. Paul ne parle pas, et, à vrai dire, il n'a pas besoin de parler, puisque sa doctrine est mise ici dans la bouche de Pierre. L'avis des frères de Judée n'est soutenu par personne. Un décret solennel est porté, conformément à l'avis de Jacques. Ce décret est signifié aux Églises par des députés choisis exprès.

Comparons maintenant le récit de Paul dans l'épître aux Galates. Paul veut que le voyage qu'il fit cette fois-là à Jérusalem ait été l'effet d'un mouvement spontané et même le résultat d'une révélation. Arrivé à Jérusalem, il communique son Évangile à qui de droit ; il a en particulier des entrevues avec ceux qui paraissent être des personnages considérables. On ne lui fait pas une seule critique; on ne lui communique rien ; on ne lui demande que de se souvenir des pauvres de Jérusalem. Si Tite qui l'a accompagné consent à se laisser

1. La citation d'Amos (xv, 46-i7), faite par Jacques conformément à la version grecque et en désaccord avec l'hébreu , montre bien, du reste, que ce discours est une fiction de l'auteur.

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