Lucien, DemonaXj
322 ORIGINES DU CHRISTI ANISMIl. [An 45]
privée et close dans l'enceinte de la maison. Le théâtre avait hérité de V agora et du forum. L'anathème jeté sur le théâtre rejaillit sur toute la société. Une rivalité profonde s'établit entre l'église, d*une part, les jeux publics de l'autre. L'esclave, chassé des jeux, se porta à l'église. Je ne me suis jamais assis dans ces mornes arènes, qui sont toujours le reste le mieux conservé d'une ville antique, sans y avoir vu en esprit la lutte des deux mondes : — ici l'honnête pauvre homme, déjà à demi chrétien, assis au dernier rang, se voilant la face et sortant indigné, — là un philosophe se levant tout à coup et reprochant à la foule sa bassesse*. Ces exemples étaient rares au premier siècle. Cependant la protestation commençait à se faire entendre ^. Le théâtre devenait un lieu fort décrié ^.
La législation et les règles administratives de l'Empire étaient encore un véritable chaos. Le despotisme central, les franchises municipales et provinciales,, le caprice des gouverneurs, les violences des corn-