Voir, par exemple, l'admirable lettre xxxi à Lucilius
2. Suétone, Vesp,, 18; Dion Gassius, t. VI, p. 558 (édit. Sturz): Eusèbe, Chron., à l'an 89; Pline, Epùt., ï, 8; Henzen, Suppl. à Orelli, p. 124, n« 1172.
330 ORIGINES DU CHRISTIANISME. (An 45J
avaient conservé un fond de religion élevée et une grande horreur de la superstition *. Les géographes Strabon et Pomponius Mêla , le médecin et encyclopédiste Celse, le botaniste Dioscoride, le jurisconsulte Sempronius Proculus, étaient des tètes fort bien faites. Mais c'étaient là des exceptions. A part quelcjues milliers d'hommes éclairés, le monde était plongé dans une complète ignorance des lois de la nature *. La crédulité était une maladie générale^. La culture littéraire se réduisait à une creuse rhétorique , qui n'apprenait rien. La direction essentiellement morale et pratique que la philosophie avait prise bannissait les grandes spéculations. Les connaissances humaines, si l'on excepte la géographie, ne faisaient aucun progrès. L'amateur instruit et lettré remplaçait le savant créateur. Le suprême défaut* des Romains faisait sentir ici sa fatale influence. Ce peuple, si grand par l'empire, était secondaire par l'esprit. Les Romains les plus instruits, Lucrèce, Vitruve, Celse, Pline, Sénèque, étaient, pour les con-