‹ L'Antechrist (volume 3)Chapitre 6 sur 369 · Luc, I, 1-4; Act.j i · texte numérisé non relu

Luc, I, 1-4; Act.j i

in LES APOTRi:S.

que celui qui a écrit la fin de l'ouvrage en a écrit le commencement, et que le narrateur du tout est celui qui dit « nous » aux passages précités.

Cela devient plus frappant encore, si Ton remarque dans quelles circonstances le narrateur se met ainsi en la compagnie de Paul. L'emploi du « nous » commence au moment où Paul passe en Macédoine pour la première fois (xvi, 10). 11 cesse au moment où Paul sort de Philippes. 11 recommence au moment où Paul, visitant la Macédoine pour la dernière. fois, passe encore par Philippes (xx, 5,6). Dès lors, le narrateur ne se sépare plus de Paul jusqu'à la fin. Si l'on remarque de plus que les chapitres où le narrateur accompagne l'apôtre ont un caractère particulier de précision, on ne doute plus que le narrateur n'ait été un Macédonien, ou plutôt un Philippien *, qui vint au-devant de Paul à Troas , durant la seconde mission, qui resta à Philippes lors du départ de l'apôtre, et qui, lors du dernier passage de Tapôtre en cette ville (troisième misaion) , se joignit à lui pour ne plus le quitter. Comprendrait-on qu'un rédacteur, écrivant à distance, se fût laissé dominer à un tel point par les souvenirs d'un autre? Ces souvenirs feraient tache dans l'ensemble. Le

A. Remarquez surtout Act., xvi, 12.

IMiVODUCTION. XIII

narrateur qui dit « nous » aurait son style, ses expressions à part ^ ; il serait plus paulinien que le rédacteur général. Or, cela n'est pas ; l'ouvrage présente une parfaite homogénéité.

On s'étonnera peut-être qu'une thèse en apparence si évidente ait rencontré des Contradicteurs. Mais la critique des écrits du Nouveau Testament offre beaucoup de ces clartés qu'on trouve, à l'examen, pleines d'incertitudes. Sous le rapport du style, des pensées, des doctrines, les Actes ne sont guère ce qu'on attendrait d'un disciple de Paul. Ils ne ressemblent en rien aux épîtres de ce dernier. Pas une trace des fières doctrines qui font l'originalité de Tapôtre des gentils. Le tempérament de Paul est celui d'un protestant roide et personnel ; l'auteur des Actejs nous fait l'effet d'un bon catholique, docile, optimiste, appelant chaque prêtre « un saint prêtre » , chaque évêque « un grand.évêque », prêt à embrasser toutes les fictions plutôt que de reconnaître que ces saints prêtres, ces grands évêques se disputent et se font parfois une rude guerre. Tout en professant pour Paul une grande admiration^ l'auteur des Actes évite

4. On sait que, chez les écrivains du Nouveau Testament, la pauvreté d'expression est grande, si bien que chacun a son petit dictionnaire à part. De là une règle précieuse pour déterminer l'auteur d'écrits même très-courts.

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