Matth., xxvni
54 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 34]
restre. Quand les visions devinrent rares, on se plia à une autre imagination. On se figura Jésus comme entré dans la gloire et assis à la droite de son Père. « Il est monté au ciel, » se dit-on.
Ce mot resta pour la plupart à l'état d'image vague ou d'induction ^. Mais il se traduisit pour plusieurs en une scène matérielle. On voulut qu'à la suite de la dernière vision commune à tous les apôtres, et' où il leur fit ses recommandations suprêmes, Jésus se fût élevé vers le ciel 2. La scène fut plus tard développée et devint une légende complète. On raconta que des hommes célestes, selon lappareil des manifestations divines très -brillantes^, apparurent au moment où un nuage l'entourait, et consolèrent les disciples par l'assurance d'un retour dans les nues tout semblable à la scène dont ils venaient d'être témoins. La mort de Moïse avait été entourée par l'imagination populaire de circonstances du même genre ^. Peut-être se souvînt-on aussi de l'ascension
à. Jean, m, 13; vi, 6%; xvi, 7;xx, 17; Ephes., iv, 10; I Pétri, m, 22. Ni Matthieu ni Jean n'ont le récit de Tascension. Paul (I Cor., XV, 7-8) en exclut jusqu'à l'idée. '
2. Marc, xvi, 19; Luc, xxiv, 50-52; Act., 2-12; Justin, Apol. I, 60 ; Ascension cCIsaïe, version éthiopienne, xi, 22 ; version latine (Venise, 1522J, sub fin.