‹ L'Antechrist (volume 3)Chapitre 82 sur 369 · Lucien, Mort de Peregrinus · texte numérisé non relu

Lucien, Mort de Peregrinus

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tiellement moral et non politique, son produit naturel était l'utopie sociale, l'église, la synagogue, le couvent, non l'état civil, la nation, la cité. L'Egypte avait, depuis plusieurs siècles, des reclus et des recluses nourris par l'État, probablement en exécution de legs charitables, auprès du Sérapéum de Memphis*. Il faut se rappeler surtout qu'une telle vie en Orient n'est nullement ce qu'eHe a été dans notre Occident. En Orient , on peut très-bien jouir de la nature et de l'existence sans rien posséder. L'homme, dans ces pays, est toujours libre, parce qu'il a peu de besoins ; l'esclavage du travail y est inconnu. Nous voulons bien que le communisme de l'Eglise primitive n'ait été ni aussi rigoureux ni aussi universel que le veut l'auteur des Actes. Ce qui est sûr, c'est qu'il y avait à Jérusalem une grande communauté de pauvres, gouvernée par les apôtres, et à laquelle on envoyait des dons de tous les points de la chrétienté 2. Cette communauté fut obligée sans doute d'établir des règlements assez sévères, et, quelques

\, Papyrus de Turin, de Londres, de Paris, groupés par Brunet de Presie, Mêm. sur le Sérapéum de Memphis ( Paris, \ 852 ) ; Egger, Mém. d'hist. anc. et de philologie, p. 451 et suiv., et dans les Notices et extraits, t. XVIII, 2« part., p. 264-359. Obseifvez que la vie érémi tique chrétienne prit naissance en Egypte.

2. Act., XI, 29-30; xxiv, 47; Galat., 11, 40; Rom., Xv, 26 et suiy. ; ICor, xvi, 4-4; II Cor., viii et ix.

HO ORIGINES DU CHRISTIANISME. [Aq 35]

années plus tard, il fallut même, pour la gouverner, faire agir la terreur. Des légendes épouvantables circulaient, d'après lesquelles le seul fait d'avoir retenu quelque chose sur ce que l'on donnait à la.communauté était présenté comme un crime capital, et puni de mort*.

Les portiques du temple, surtout le portique de Salomon, qui dominait le val de Gédron, étaient le lieu où se réunissaient habituellement les disciples pendant le jour^. Us y retrouvaient le souvenir des heures que Jésus avait passées dans le 'même endroit. Au milieu de l'extrême activité qui régnait autour du temple, on devait les remarquer peu. Les galeries qui faisaient partie de cet édifice étaient le siège d'écoles et de sectes nombreuses, le théâtre de disputes sans fin. Les fidèles de Jésus devaient d'ailleurs passer pour des dévots très-exacts ; car ils observaient encore les pratiques juives avec scrupule, priant aux heures voulues^ et observant tous les préceptes de la Loi. C'étaient des juifs, ne différant des autres qu'en ce qu'ils croyaient le Messie déjà venu. I-.es gens qui n'étaient pas au courant de ce qui les concernait (et c'était l'immense majorité) les regardaient comme une secte de

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