CHAPITRE IX
PIOFAGATIOIV DU C HBISTIANISMB. — L*éGYPTE. — LE SIBTLLISMB.
La tolérance dont jouit le christianisme sous le
règne des Flavius fut éminemment favorable à son
développement. Antioche, Éphèse, Corinthe, Rome
surtout, étaient des centres actifs où le nom de Jésus
prenait de jour en jour plus d'importance, et d'où
la foi nouvelle rayonnait. Si l'on excepte les ébio-
nites exclusifs de la Batanée, les relations entre
les judéo-chrétiens et les païens convertis devenaient
chaque jour plus faciles ; les préjugés tombaient; la
fusion s'opérait. Dans beaucoup de villes importantes,
il y avait deux presbytérats et deux episcopi^ l'un
pour les chrétiens de provenance juive, l'autre pour
les fidèles d'origine païenne. On supposait que Y épis-
copos des païens convertis avait été institué par
saint Paul, et l'autre par quelque apôtre de Jérusa-
150 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An S^;^
iem^ Il est vrai qu*au m* et au iv' siècle, oa abusa de cette hypothèse pour sortir des embarru;^ où les Églises se trouvèrent, quand elles voulurent • ■ faire des successions régulières d'évêques avec les ^ éléments disparates de la tradition. Néanmoins la i duplicité de certaines grandes Églises parait avoir l été un fait réel. Telle était la diversité d'éducation '\ des deux fractions de la communauté chrétienne, que ! les mêmes pasteurs ne pouvaient guère donner aux deux renseignement dont elles avaient besoin*.
Les choses se passaient surtout ainsi quand à la , différence d'origine se joignait la différence de langue, comme à Antioche, où Tun des groupes parlait grec, Tautre syriaque. Antioche parait avoir eu deux successions de presbyteri^ Tune se rattachant idéalement à saint Pierre, Tautre à saint Paul. La constitution de ces deux listes se fit par les procédés mêmes qui servirent à dresser la liste des évêques de Rome. On prit les plus anciens noms de presbyleri dont on se souvenait, celui d'un certain Evhode, fort respecté', celui d'Ignace, qui eut beau* coup plus de célébrité, et on en fit les chefs de file
4. Épipbane, haer. lxviii, 7; Constit. apost,. Vif, 46. t. Vers Tan 200, le prêtre Caïus est ordonné à Rome ttv&v jirtoxoirc;. Pholius, cod. XLViii.