‹ L'Antechrist (volume 4)Chapitre 120 sur 353 · Comp. Marc, ii, 26, et Mattb., xii · texte numérisé non relu

Comp. Marc, ii, 26, et Mattb., xii

5. Marc, xi, 43 et suiv.; Matth., xxi, 49 et suiv. Luc (xiii, 6 et suiv.] va plus loin; il moralise toute Tbistoire du figuier et en hii une charmante parabole. — La façon particulière de chasser le démon muet (Marc, ix, 29] est généralisée (MatUi., xvii, 20].

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discours fait que l'étendue de l'abrégé est plus considérable que celle de l'original. Que l'on compare les récits du démoniaque de Gergésa, du paralytique de C^)bamahum , de la fille de Jaïre, de l'hémorrhofsse, de l'enfant épileptiqueS on se convaincra de ce que nous disons. Souvent aussi Matthieu réunit en un seul acte des circonstances qui, dans Marc, coDstituent deux épisodes'. Quelques récits qui, au premier coup d'œil, paraissent lui appartenir en propre, ne sont en réalité que des calques dénudés et appauvris des longues narrations de Marc'.

C'est surtout à l'égard du paupérisme qu'on découvre dans le texte de Matthieu des précautions et des inquiétudes. En tête des célestes béatitudes, Jésus avait hardiment placé la pauvreté. <c Heureux les pauvres » fut probablement le premier mot qui sortit de sa bouche divine quand il commença de parler avec autorité. La plupart des sentences de Jésus (comme il arrive toutes les fois qu'on veut donner à la pensée une forme vive) prêtaient au mal-

1. Comp. aussi MalUi., xii, 45-46, et Marc, m, 7-42; Mattb., w, 34, et Marc, viii, 57; Mattb., xiii, 58, et Marc, vi, 5.

2. Comp. Mattb., ix, 48, à Marc, v, 23, 35; Mattb., xii, 46, à Marc, m, 24, 34 ; Mattb., xvm, 4, à Marc, ix, 33-34; Maltb., xxi, 48-49, à Marc, xi, 42-44 et 20.

3. Comp. Mattb., ix, 27-34, à Marc, vm, 22-26; Mattb., ix, 32-33, à Marc, vu, 32-37.

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entendu ; les ébionim purs tiraient de celle-là des conséquences subversives. Le rédacteur de notre Évangile ajoute un mot pour prévenir certains excès. Les a pauvres » dans le sens ordinaire deviennent les « pauvres en esprit » S c'est-à-dire les pieux israélites, jouant dans le monde un rôle humble et qui contraste avec Tair orgueilleux des puissants du jour. Dans une autre béatitude, « ceux qui ont faim » deviennent <(Ies affamés de justice » ^

Le progrès de la réflexion est donc sensible dans Matthieu ; on entrevoit chez lui une foule d'arrièi-epensées , Tintention de parer à certaines objections, une exagération dans les prétentions symboliques '• Le récit de la tentation au désert s'est développé et a changé de physionomie* ; la Passion s'est enrichie de quelques beaux traits \ Jésus parle de « son Eglise » comme d'un corps déjà constitué et fondé sur la

4. Matth., V, 3. Comp. Luc (vi, 20), resté ici 6dèle au texte primitif des Xo^ia. A vrai dire, irr^xoc rend médiocrement la nuance dV6ion, ce dernier mot impliquant une idée religieuse, une acception pieuse et presque mystique.

2. Matth., V, 6. Comp. Luc, vi, 24. Eîxii, Mattb., y, 22, est une autre atténuation, mais postérieure et due à certains copistes.

3. Comparez le récit du baptême de Jésus, simple et nu dans Marc, 1, 44-42, plus riche et plus accentué dans Matth.,iii, 44-45, et dans l'Évangile ébionite [Épiph., hœr. xxx, 43).

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