‹ L'Antechrist (volume 4)Chapitre 119 sur 353 · Bicup^oxi TÔv Taçcv · texte numérisé non relu

Bicup^oxi TÔv Taçcv

linfôj LES ÉVANGILES. 193

Le scribe qui interroge Jésus sur le grand commandement le fait, dans Marc, à bonne intention. Dans les deux autres évangélistes, il le fait pour tenter Jésus. Les temps ont marché; on ne peut plus admettre qu*uh scribe ait agi sans malice. L'épisode où le jeune riche appelle Jésus « bon maître » , et où Jésus le reprend par ces mots : « Dieu seul est bon >, parut plus tard scandaleux. Matthieu arrange cela d'une manière moins choquante. La façon dont les disciples sont sacrifiés dans Marc^ est également atténuée dans Matthieu. Enfin ce dernier commet quelques contre-sens pour obtenir des effets pathétiques : ainsi le vin des condamnés, dont Tinstitution était humaine et bienveillante % devient chez lui un raffinement de cruauté pour amener raccomplissement d'une prophétie.

Les saillies trop vives de Marc sont ainsi effacées ; les lignes du nouvel Évangile sont plus larges, plus correctes, plus idéales. Les traits merveilleux se multiplient'; mais on dirait que le merveilleux cherche à

4. Marc, iv, 13, 40; vi, 5î; viii, 47 et suiv.; ix, 6, 33; x, 3Î; XIV, 40.

2. Comp. Marc, xv, 23, à Matth., xxvii, 34. Luc, xxiii, 36-37, commet la même erreur.

3. Dans Marc (m, 40), Jésus guérit « beaucoup de malades > ; dans Matthieu (xn, 45), il guérit c tous les malades »,

194 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An »jq

devenir plus acceptable. Les miracles sont moins pesamment racontés^ ; certaines prolixités sont onuses'. Le matérialisme thaumaturgique, l'emploi des moyens naturels pour produire les miracles, signes caractéris* tiques de Marc, ont disparu ou à peu près dans Matthieu. Comparé à TÉvangile de Marc, TÉvangile attribué à Matthieu offre des corrections de goût et de tact^ Diverses inexactitudes sont rectifiées^ des particularités esthétiquement faibles ou inexplicables sont supprimées ou éclaircies^ On a souvent considéré Marc comme un abréviateur de Matthieu. C'est le contraire qui est vrai; seulement Taddition des

4. Comp. Mattb., viii, 48-27, à Marc, iv, 35-40; Matth., yiii, S8-34, à Marc, v, 4-20; Malth., ix, 2 et suiv., à Marc, ii, 3-4; Matth., IX, 20 et suiv., à Marc, v, 25-26; Mattb., ix, 23 et suiv., à Marc, y, 40-43 ; Mattb., ix, 27-34, à Marc, viii, 22-26; Matth., ix, 32-33, à Marc, vu, 32-37 (cf. Mattb., xii, 22); Matth., xy, 28, à Marc, VII, 30; Matth., xvii, 44-48, à Marc, ix, 46-29; Matth., xx, 29 et suiv., à Marc, x, 46.

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