‹ L'Antechrist (volume 4)Chapitre 160 sur 353 · Luc, XIX, 41-44; xxiii · texte numérisé non relu

Luc, XIX, 41-44; xxiii

Un M] LES ÉVANGILES. 205

èvangélistes sont neutres , sans parti dans les querelles qui déchiraient TÉglise. Les partisans de Paul et ceux de Jacques auraient pu également les adopter. Luc, au contraire, est un disciple de Paul, disciple modéré assurément, tolérant, plein de respect pour Pierre, même pour Jacques, mais partisan décidé de Tadoption dans l'Église des païens, des samaritains, des publicains, des pécheurs et des hérétiques de toute sorte. Chez lui se trouvent ces miséricordieuses paraboles du bon Samaritain, de l'enfant prodigue, de la brebis égarée, de la drachme perdue S où la position du pécheur repentant est presque mise au-dessus de celle du juste qui n'a point failli '. Sûrement, Luc était en cela d'accord avec l'esprit même de Jésus ; mais il y a de sa part préoccupation , parti pris , idée fixe. Son coup le plus hardi a été de convertir un des larrons da Calvaire. Selon Marc et Matthieu, les deux malfaiteurs insultaient Jésus. Luc prête à l'un d'eux un bon sentiment : « Nous, nous l'avons mérité ; mais ce juste!... » En retour, Jésus lui promet que ce jour-là même il sera avec lui dans le paradis \ Jésus

1 . Chapitres xv et xvi, où réside la grande originalité de Luc. De ces paraboles, Matthieu n'a que celle de la brebis égarée, et encore est-^lle chez lui beaucoup moins accentuée.

Page 1