Luc, xxiii
plus loin encore : il prie pour ses bourreaux, c qui ne savent ce qu'ils font ». Dans Matthieu', \ Jésus semble malveillant pour la Samarie, et recom- î mande à ses disciples d'éviter les villes des Sama- \ rilsàns comme la voie des païens. Chez Luc, au con* traire, Jésus est en rapports fréquents avec les Samaritains ; il parle d'eux avec éloge ^ C'est au voyage en Samarie que Luc rattache une foule d'enseignements et de récits. Loin d'emprisonner Jésus en Galilée, comme Marc et Matthieu, Luc obéit à une tendance antigaliléenne et antijudaïque, tendance qui sera plus visible encore dans le quatrième Évangile. A beaucoup d'autres égards, l'Évangile de Luc forme une sorte d'intermédiaire entre les deux premiers Évangiles et le quatrième, qui semble d'abord n'avoir aucun trait d'union avec eux*.
A peine est-il une anecdote, une parabole propre èi Luc qui ne respire cet esprit de miséricorde et d'appel aux pécheurs. La seule parole un peu dure qui ait été conservée de Jésus * devient chez lui un apologue plein d'indulgence et de longanimité.