Marc, \i, 4M4, 20-24; Malth.. xxi
/arbre infructueux ne doit pas être trop vite coupé ; bon vigneron s'oppose aux emportements du prolétaire, et demande à fumer la terre au pied de Twbre malheureux avant de le condamner tout à fail^ L*Évangile de Luc est par excellence TÉvangile du pardon et du pardon obtenu par la foi. c( Il y a plus de joie dans le ciel pour un pécheur qui fait pénitence qae pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n'ont pas besoin de pénitence*». « Le Fils de l'homme est venu, non pas perdre les âmes, mais les sauvera) «Toutes les détorses lui sont bonnes pour faire de chaque histoire évangélique une histoire de pécheurs réha- IHés. Samaritains, publicains, centurions, femmes coupables, païens de bonne volonté, tous les méprisés du pharisalsme sont ses clients. L'idée que le christianisme a des pardons pour tout le monde est bien la sienne. La porte est ouverte ; la conversion est possible pour tous. Il ne s'agit plus de la Loi ; une dévotion nouvelle, le culte de Jésus, l'a remplacée. Ici, c*est le Samaritain qui fait la bonne action, tandis
4. Luc, xni, 6-9. Il y a là probablement une allusion aux jai£s qui, en présence de Jésus, sont restés stériles, mais que la prédication apostolique améliorera peut-être.
î. Luc, XV, 7.
3. Luc, u, 54 (authenticité douteuse) ; mais Luc, xix, 20, est certain, et parait avoir été interpolé dans Matth., xvui, 41.
268 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An
que le prêtre et le lévite passent indifférents ^ • Là, lè:|. publicain sort du tenople justifié par son humilitéi tandis que le pharisien irréprochable, mais orgueil* ) leux, sort plus coupable*. Ailleurs, la femme pèche- 4 resse est relevée par son amour pour Jésus et e8l 1 admise à lui donner des marques particulières de tendresse '. Ailleurs encore, le publicain Zachée devient d'emblée fils d'Abraham par le seul fait d*avoir montré de l'empressement à voir Jésus *. L*oflre d'un pardon facile a toujours été le principal moyen de succès des religions. « L'homme même le plus coupable, dit Bhagavat, s'il vient à m'adorer et à tourner vers moi tout son culte, doit être cru bon*. » Luc y joint le goût de l'humilité. « Ce qui est haut aux yeux des hommes est abomination aux yeux de Dieu\ » Lepuis-
4 . Luc, X, 30 et suiv. On entrevoit derrière le récit de Lac la trilogie juive : « le cohen, le lévite et Visraèl ». Luc substitue k VUracl « le samaritain ». Comparez rdlXy.6âc U^taXvm^ (Jean, i, 48), qui n'est ni coken, ni lévite.
t. Luc, XVIII, 40 et suiv.