LES JUIFS AU LEIVDEMAIN DB LA DESTRUCTION DU TEMPLE
Jamais peuple n'éprouva une déception comparable à celle qui frappa le peuple juif le lendemain du jour où, contrairement aux assurances les plus formelles des oracles divins, le temple, que l'on supposait indestructible, s'écroula dans le brasier allumé par les soldats de Titus. Avoir touché à la réalisation du plus grand des rêves, et être forcé d'y renoncer; au moment où l'ange exterminateur entr'ouvrait déjà la nue, voir fout s'évanouir dans le vide; s'être compromis en^ffifeboant par avance l'apparition divine, et ret i'- la
brutalité des faits le plus cruel démer ;-ce
pas à douter du temple, à doutar^i^Dir
2 ORIGINES DU CHRISTIAMSMi:. [An 74
premières années qui suivirent la catastrophe d( Tan 70 furent-elles remplies d'une fièvre intense, \i plus forte peut-être que la conscience juive eût traversée. Edom (c'était le nom par lequel les juifs désignaient déjà l'empire romain*), l'impie Édoni, l'éternel ennemi de Dieu, triomphait. Les idées que l'on croyait les plus indéniables étaient arguées dt faux. Jéhovah semblait avoir rompu son pacte avec Iq^ fils d'Abraham. C'était à se demander si même h foi d'Israël, la plus ardente assurément qui fut jamais, réussirait à faire volte-face contre l'évidence et, par un tour de force inouï, à espérer contre tout espoir. Les sicaires, les exaltés avaient presque tous été tués; ceux qui avaient survécu passèrent le reste de leur vie dans cet état de stupéfaction morne qui suit, chez le fou, les accès furieux. Les sadducéens avaient à peu près disparu, en l'an 66% avec raristocralie sacerdotale qui vivait du temple et en tirait tout son prestige. On a supposé que quelques survivants des grandes familles se réfugièrent avec les hérodiens dans le nord de la Syrie, en Arménie, à Palmyre, restèrent longtemps alliés aux petites dynasties de
1. IVEsdr., VI, 8 étsuiv. Voir Buxtorf, Lex, talm,, au mot Édom, Grâce à la ressemblance du daleth et du resch, les deax noms présentaient une sorte d'analogie pour l'œil.