Quintil., Insl. oral,, IV, prœf
2. Suétjne, Dom., i, 15; Martial, VI, 40; VIII, 80; Dion Cassius, LXVII, 4 ; Philostr., ApolL, VII, 24; VIH, 23. De là vÎDt, autant que de sa cruauté, sa sévérité pour les vestales. Suét., Dom., 8; Pline, Episl., IV, 44 ; Philostr., ApolL, VII, 6.
292 ORIGINES DD CHRISTIANISME. (An 95]
partir de son règne, eut en général une signification politique*, et fut synonyme de lèse-majesté. L'indifférence religieuse et la tyrannie en étaient venues à ce point que Tempereur était le seul dieu dont la majesté fût redoutée. Aimer l'empereur, voilà la piété ; être soupçonné d'çpposition ou seulement de froideur, voilà l'impiété. Et l'on ne croyait pas que le mot eût perdu pour cela son sens religieux. L'amour de l'empereur, en effet, impliquait l'adoption respectueuse de toute une rhétorique sacrée qu'aucun esprit sensé ne pouvait plus prendre au sérieux. On était révolutionnaire, si on ne s'inclinait devant ces absurdités, dont on avait fait une routine d'État ; or le révolutionnaire, c'était l'impie. L'empire en venait à une sorte d'orthodoxie, à une pédagogie officielle, comme la Chine. Admettre ce que voulait l'empereur avec une sorte de loyalisme semblable à celui que les Anglais affectent envers leur souverain et leur Église établie, voilà ce qu'on appelait religio^, ce qui valait à un homme le titre de pius.
1. Pline le jeune, Épilres, I, 5. Pielas, dans Quintilien (III, VII, 2), c'est le soin que Domilien a eu d*élever un temple à la gens Flavia.CÏ. àoi6ita,dans Philostrate, ApoUoniui, IV, XLIV, K,
2. Quintilien, Inslit., IV, praef. Lire surtout 1. III, c. vu, pour prendre une idée des niaiseries incroyables que ce trèt-honaète homme veut que l'on conserve et respecte.
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Dans un tel état du langage et des esprits, le monothéisme juif et chrétien devait paraître la suprême impiété. La religion du juif et du chrétien s'attachait à un dieu suprême, dont le culte était une sorte de larcin fait au dieu profane. Adorer Dieu, c'était donner un rival à l'empereur; adorer d'autres dieux que ceux dont l'empereur était le patron légal constituait une injure pire encore. Les chrétiens, ou plutôt les juifs pieux, se croyaient obligés de faire un signe de protestation plus ou moins apparent en passant devant les temples ^ ; au moins s'interdisaient-ils absolument le baiser que les païens pieux envoyaient à l'édifice sacré en passant devant lui ^ Le christianisme, par son principe cosmopolite et révolutionnaire, était bien « l'ennemi des dieux, des empereurs, des lois, des mœurs, de la nature tout entière » *. Les meilleurs empereurs ne sauront pas toujours démêler ce sophisme, et, sans le savoir, presque sans le vouloir, seront persécuteurs. Un çsprit étroit et méchant comme celui de Domitien devait l'être avec pédantisme et avec une sorte de volupté.
La politique romaine avait toujours fait, dans la
4 . Ot wiGi»; pkiv àicavToïc âicoipviaoovTai î^ovri;. Cami, sib., IV, 26 ; Minuclus Félix, '8.