‹ L'Antechrist (volume 4)Chapitre 188 sur 353 · Méliton, /. c · texte numérisé non relu

Méliton, /. c

5. Dion Cass., LXVIl, 44; cf. Tac, Agric.j 45. On a mal compris Philostr., Apoll.j VIII, 25. Domitien nVdonne pas que Domitille, <K trois ou quatre jours après la mort de Clemens, épouse un autre mari » ; il ordonne s qu'elle aille rejoindre son mari » (x^tv«i» k

[An 05] LES ÉVANGILES. 297

fille d'Auguste, d'Âgrippine, femme de Germanicus, d'Octavie , femme de Néron, Ce fut le crime que Domitien paya le plus cher ^ Domitille, quel que fût le degré de son initiation au christianisme, était une Romaine. Venger son mari, sauver ses enfants, compromis par les caprices d'un monstre fantasque, lui parut un devoir. De Pandatarie, elle continua d'entretenir des relations avec le nombreux personnel d'esclaves et d'affranchis qu'elle avait à Rome et qui parait lui avoir été fort dévoué.

De toutes les victimes de la persécution de Domitien, nous n'en connaissons qu'une par son nom ; c'est Flavius Clemens. Le mauvais vouloir du gouvernement semble s'être porté bien plus sur les prosélytes romains entraînés vers le judaïsme ou le christianisme ^, que sur les juifs et les chrétiens orientaux

Mfoç 9«Tflcy}; c'est-à-dire il la fait meltre à mort, assertion qui, n'ayant pour elle que le romancier Philostratc, a peu de valeur.— Pandatarie est aujourd'hui Ventotene, entre le cap Circello et le cap Misène. Bruttius, cité par Eusèbe {Chron,, loc. cit. ; HisL eccL, m, 18], assigne pour lieu de déportation à Flavie Domitille l'Ilo Pontia, située près de Pandatarie, et qui fut le lieu d'exil de Néron, fils de Crerroanicus, et des sœurs de Caligula. Ce fut la version adoptée par l'Église (saint Jérôme, Kpil. Paulœ, 0pp., IV, 2, p. 672; martyrologes, légende des saints Nérée et Achillée, tradition actuelle}.

i. Suétone, L c; Pbilostrate, ApolL, YIII, 25.

2. JLxXa U Ta t&v Icu^oumv Ad iÇoxiXXovTtç iroXXou Dlon Cassius, LXVII, 44.

^98 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 95]

établis à Rome. Il ne paraît pas qu'aucun des;>re56y/ert on episcopi de l'Eglise ait subi le martyre*. Parmi les chrétiens qui souffrirent, aucun ne paraît non plus avoir été livré aux bêles dans l'amphithéâtre; car presque tous appartenaient aux classes relativement élevées de la société. Comme sous Néron , Rome fut le lieu principal de ces violences ; il y eut cependant des vexations dans les provinces *. Quelques chrétiens faiblirent et quittèrent l'Eglise, où ils avaient un moment trouvé consolation pour leur âme, mais où il était trop dur de rester. D'autres, au contraire, furent héroïques de charité, dépensèrent leurs biens pour nourrir les confesseurs, et se mirent dans les fers pour délivrer des captifs qu'ils jugeaient plus précieux à l'Eglise qu'ils ne l'étaient eux-mêmes •. L'année 95 ne fut pas sûrement pour l'Église aussi solennelle que l'an 6/i; elle eut cependant son importance. Ce fut comme une seconde consécration de Rome. A trente et un ans d'intervalle, le plus

4. Inutile de faire remarquer que le système des Pères de rÉgiise sur le bannissement et les épreuves de saint Jean sous Domitien vient de la fausse idée que TApocalypse se rapporte à la persécution de ce prince. II a été prouvé jusqu'à l'évidence qu'elle se rapporte à la persécution de Néron.

%. Cela résulte de Pline, Lettres, X, xcvii, 6, v non nemo etiam ante viginti ».

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