Clém. Rom., Ad Cor. I, ch
[An 95] LES ÉVANGILES. 209
foa et le plus méchant des hommes semblèrent s* entendre pom* détruire TEglise de Jésus, et, en réalité , la fortifièrent, si bien que les apologistes pourront faire cet argument spécieux : « Tous les monstres nous ont haïs ; donc nous sommes le vrai. »
Ce furent probablement les renseignements que Domitien eut à ce propos sur le judéo-christianisme qui hii firent connaître les bruits qui circulaient sur Texistence de descendants encore vivants de l'ancienne dynastie de Juda. L'imagination des agadistes se donnait, en effet, carrière sur ce point, et l'attention qui, durant des siècles, ne s'était guère portée sur la famille de David, était maintenant fort attirée de cecôté^ Domitienen prit ombrage et ordonnade mettre à mort ceux qui lui furent désignés*; mais bientôt on lui signala, parmi ces descendants supposés de l'antique race royale de Jérusalem, des gens que leur caractère inoffensif aurait dû assurément mettre en dehors de ses soupçons. C'étaient les petits-fils de Jude, frère de Jésus, paisiblement retirés en Batanée \ Le
h. Dcreobourg, ya/.^ p. 348 et suiv.Voir ci-dessus, p. 60 elsuiv.
t, Eusèbe, H. E., HI, 49; Chron,, an 44 ou 46 do Dom.
3. Hégé^ippe, dans Eus., H. E,, III, 49, 20 et 32. Eusèbe (cb. 49) veut que la dénonciation soit venue a de certains hérétiques»; mais le texte d'Hégésippe, qu'il cite (ch. 20), donne un sujet indéterminé à i^uXaroprjaav. Les tûv alpirocûv tivi; du ch. 49
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défiant empereur avait d'ailleurs entendu parler de la venue triomphante de Christ ; tout cela l'inquiétait. Un evocalus^ vint chercher les saintes gens en Syrie; ils étaient deux ; on les mena vers l'empereur. Domitien leur demanda d'abord s'il était vrai qu'ils fussent descendants de David. Ils répondirent que oui. L'em* pereur les questionna ensuite sur leurs moyens d'existence. « Entre nous deux, dirent-ils, nous possédons seulement neuf mille deniers, dont chacun de nous a la moitié. Et, cette valeur, nous la possédons non pas en argent , mais en la forme d'une terre de trente-neuf arpents, sur laquelle nous payons les impôts et nous vivons de notre propre travail *. » ^ Puis ils montrèrent leurs misiins, couvertes de callosités et dont la peau rugueuse témoignait d'habitudes de travail. Domitien les interrogea sur le Christ et son royaume, sur sa future apparition, sur les temps et les lieux de cette apparition. Ils répondirent que le royaume dont il s'agissait n'était pas de ce monde , qu'il était céleste, angélique; qu'il se révélerait à la fin des siècles, quand Christ viendrait dans sa gloire
vieDDent d'une autre citation d'Hégésippe qu'il fait au ch. xxxii, SS 3 et 6, et dont il force le sens. Comp. Chron, pasc, p. 25Î.
4 . Cf. Cœsar, De bello galL, VII, lxv, 5; Suétone, Galba, 40; Dion Gassius, XLV, 42.