‹ L'Antechrist (volume 4)Chapitre 195 sur 353 · Fritzsche, Lihri apocr. Vet. Test., p. xxi · texte numérisé non relu

Fritzsche, Lihri apocr. Vet. Test., p. xxi

(An a%] LES ÉVANGILES. 307

fort cultivé, des exhortations aa martyre oh Torateur fait valoir, pour exciter à souffrir , l'exemple d'êtres faibles qui se sont montrés -héroïques, ou, mieux encore, de oes Acia martyrum devenus des pièces de rhétorique, ayant pour but l'édification, procédant par l'amptification oratoire sans aucun souci de la vérité historique, et demandant aux hideux détails de la torture antique les ferments d'une volupté sombre et des moyens d*émotion.

Un écho indistinct de tous ces événements se retrouve dans les traditions juives*. Au mois de septembre ou d'octobre, quatre anciens de Judée, Rabbi Gamaliel, patriarche du tribunal de labné, Rabbi

Eléazar ben Azaria, Rabbi Josué, Rabbi Aquiba, plus tard si célèbre, se rendent à Rome. I^ voyage est décrit en détail : chaque soir, à cause de la saison, on relâche dans un port ; au jour de la fête des Tabernacles, les rabbins trouvent moyen de dresser sur le

<. Mischna, Érubirij iv, 1 ; Maaser schéni, v, 9; Aboda zara, IV, 7; baraïta, ibid., 54 b; Debarim rabba,c, ii; Midrasch Jalkoutj sur Ps. XVII, 40; Dereschilh rabba, c. xx; Schemolh rabba» c. xxx; Taira, de Jér., Succa, 52 d; Tos., ibid,, c. ii; Érubin, I, 7 (49 6); Aboda zara, 44 a; Mechilia, sur Exode, xx, ch. vi ;p. 76, édit. Weiss) ; Talm. de Rab., Aboda zara, iOb; Uaccolh, 24 b; Succa, «3 a, 44 6; Horaïoth, 40 a; Sifré, sur Deutér,, S 43; Sifra, sar Emor, c. xvi, %t\ Grstz, Monatsschrifi, I, p. 492 et saiv.; Qesch^ der Juden, III, 435 et suiv.; Derenbourg, Hisi. de la Pal., p. 334 et suiv.

308 ORIGINES DU CHRISTIANISMK. [An 95J

pont du navire une hutte de feuillage, que le vent emporte le lendemain ; le temps de la navigation se passe à discuter sur la manière de payer la dîme et de suppléer au Imilab *^ dans un pays où il n'y a pas de palmiers. A cent vingt milles de la ville, les voyageurs entendent un roulement sourd; c'est le bruit du Capilole qui vient jusqu'à eux. Tous alors versent des larmes; Aquiba seul éclate de rire. « Comment ne pas pleurer, disent les rabbins, en voyant heureux et tranquilles

des idolâtres qui sacrifient aux faux dieux , tandis que le sanctuaire de notre Dieu a été consumé par le feu et sert de tanière aux bêles des champs? — Eh bien, dit Aquiba, c'est cela même qui me fait rire. Si Dieu accorde tant de grâces à ceux qui l'offensent, quelle destinée attend ceux qui font sa volonté et à qui appartient le royaume? »

Pendant que ces quatre anciens sont à Rome, le sénat de Tempereur décrète qu'il n'y aura plus de juifs dans le monde entier. Un sénateur, homme pieux (Clemens?*), révèle à Gamaliel ce redoutable

4. Pdlme entourée de branches de saule et de myrte, qu*OQ porte à la main le jour de la fête des Tabernacles.

2. CeUc idcntiGcation et celles qui suivent, si problénoatiques en elles-mômes^ seraient encore inûrmées si Glemens figurait déjà dans le Talmud sous le no.n de Calonyme. Voir ci-dessus, p. 218, noie 3.

secret. La femme du sénateur, plus pieuse encore que lui (Domitille??), lui conseille de se donner la mort en suçant un poison qu'il garde dans sa bague, ce qui sauvera les Juifs (on ne voit pas comment). Plus tard, on eut la conviction que ce sénateur était circoncis, ou, selon l'expression figurée, « que le vaisseau n'avait pas quitté le port sans avoir payé l'impôt » • Selon un autre récit , le César ennemi des juifs dît aux grands de son empire : « Si l'on a un ulcère au pied, faut-il amputer le pied ou garder son pied au risque de souffrir? » Tous furent pour l'amputation, excepté Kalia ben Schalom^ Ce dernier fut mis à mort par ordre de l'empereur , et dit en mourant : a Je suis un vaisseau qui a payé son impôt; je puis me mettre en route. »

Ce sont là de bien vagues images et comme les souvenirs d'un hémiplégique. Quelques-unes des controverses que les quatre docteurs eurent à Rome sont rapportées. « Si Dieu désapprouve Tidolâtrie, leur demande-t-on, pourquoi ne la délruit-il pas? — Mais il faudrait alors que Dieu détruisît le soleil, la lune, les étoiles. — Non , il pourrait détruire les idoles inutiles et laisser subsister les idoles utiles. — Mais ce serait justement ériger en divinités les choses

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