Pseudo-Hermas, vis. ii
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U réconciliation posthume de Pierre et de Paul et de la fusion des deux partis, sans Tunion desquels rœuvre du Christ ne pouvait que périr.
L'extrême importance à laquelle Clément était arrivé résulte surtout de la vaste littérature apocryphe qa'on lui attribua. Quand, vers Tan i/iO, on prétendit réunir en un corps d'écritures revêtues d'un caractère ecclésiastique les traditions judéo-chrétiennes sur Pierre et son apostolat, on choisit Clément pour auteur supposé de l'ouvrage. Quand on voulut codifier d'anciens usages ecclésiastiques et faire pas* ser le recueil ainsi formé pour un corpus de « constitutions apostoliques », c'est Clément qui fut le garant de celte œuvre apocryphe. D'autres écrits, tous plus ou moins relatifs à l'établissement d'un droit canonique, lui furent également attribués *. Le fabricateur d'apocryphes cherche à donner du poids aux écrits qu'il fabrique. Le nom qu'il met en tête de ses compositions est toujours une célébrité. La sanction de Clément nous apparaît ainsi comme la plus haute qu'on imaginât au ii* siècle pour recommander un livre. Aussi, dans le Pasteur du faux Hermas, Clément a-t-il pour fonction spéciale d'envoyer les livres nouvellement éclos dans Rome aux
4 . Les deux Épitres sur la virginité, les Épttres dites décrétales, etc. (Voir Tédit. de Cotelier.)
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autres Églises et de les leur faire accepter*. Sa littérature supposée, bien qu'il n'en doive pas porter personnellement la responsabilité, est une littérature d'autorité, inculquant à chaque page la hiérarchie, l'obéissance aux prêtres, aux évoques. Toute phrase qu'on lui attribue est une loi, une décrétale. On lui accorde pleinement le droit de parler à l'Eglise universelle. C'est le premier type de « pape » que présente l'histoire ecclésiastique. Sa haute personnalité, grandie encore par la légende, fut, après celle de Pierre, la plus sainte image de la primitive Rome chrétienne. Sa face vénérable fut pour les siècles suivants celle d'un législateur doux et grave, une prédication perpétuelle de soumission et de respect. Clément traversa la persécution de Domitien sans en souffrir*. Quand les rigueurs s'apaisèrent,
l'Eglise de Rome reprit ses relations avec le dehors.
Déjà ridée d'une certaine primauté de cette Eglise commençait à se faire jour. On lui accordait le droit d'avertir les autres Eglises, de régler leurs différends.
i. Pasteur, vis. II, 4. Éxtivcp ^àp iîçiTtrpairrflU.
t. ÉpUre, ch. i. Selon la traduction de gaint Jérôme, Eusèbe (Chron.j p. 16M63, édit. Schœne) plaçait la mort de Clément en la deuxième année de Trajan. Selon la traduction arménienne, cette mort eut lieu en Fan 44 de Domitien. Irénée [Hl, m, 3} ne connaît qu'un seul évoque do Rome martyr : c'est saint Télespborc.
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Pareils privilèges, on le croyait du moins*, avaient été accordés à Pierre entre les disciples. Or un lien de plus en plus étroit s'établissait entre Pierre et Rome, Des dissensions graves déchiraient l'Église de Corinlhe *. Cette Eglise n'avait guère changé depuis saint Paul *. C'était le même esprit d'orgueil, de dispute, de légèreté. On sent que la principale opposition contre la hiérarchie résidait en cet esprit grec, toujours mobile, frivole, indiscipliné, ne sachant pas réduire une foule à l'étal de troupeau. Les femmes, les enfants étaient en pleine révolte. Des docteurs transcendants s'imaginaient posséder sur toute chose des sens profonds, des secrets mystiques, analogues à la glossolalie et au discernement des esprits. Ceux qui étaient honorés de ces dons surnaturels méprisaient les anciens et aspiraient à les remplacer. Corinlhe avait un presbytérat respectable, mais qui ne visait pas à la haute mysticité. Les illuminés prétendaient le rejeter dans l'ombre et se mettre à sa place ; quelques anciens furent même destitués *. La lutte de la hiérarchie établie et des révélations