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332 ORIGIiNES DO CHRISTIANISME. (An 05]
nation des uns aux autres est une loi de Dieu. y. L'histoire de la hiérarchie ecclésiastique est Tbis-
toire d'une triple abdication, la communauté des fidèles remettant d'abord tous ses pouvoirs entre les mains des anciens ou presbyteri, le corps presbytéral arrivant à se résumer en un seul personnage qui est Yepiscopos ; puis les episcopi de l'Eglise latine arrivant à s'annuler devant un d'entre eux qui est le pape. Ce dernier progrès, si on peut l'appeler ainsi, ne s'est accompli que de nos jours. La création de l'épiscopat est l'œuvre du ii* siècle. L'absorption
de l'Eglise par les presbyteri est un fait accompli avant la fin du premier. Dans l'épltre de Clément Romain, ce n'est pas encore l'épiscopat, c'est le presbytérat qui est en cause *. On n'y trouve pas trace d'un presbyteros supérieur aux autres et devant détrôner les autres. Mais l'auteur proclame hautement que le presbytérat, le clergé, est antérieur au peuple. Les apôtres, en établissant des Églises, ont choisi, par l'inspiration de l'Esprit, « les évèques et les diacres des futurs croyants ». Les pouvoirs émanant des apôtres ont été transmis par une succession
4. Ch. 39. Les mots irpioCuripot, jinoxcirct (ch. 42, 4i), SODt synonymes dans notre épitre, comme dans Phil., i, 4 ; Acl,, xx, 47 et suiv., 28. Les mots ^cuuiivct, irpcirfcuiuvct ont le même sens. Cf. Hebr., xiii, 7, 17, 24. Voir saint Paul, p. 238-239.
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régulière. Aucune Église n'a donc le droit de destituer ses anciens *. Le privilège des riches est nul dans rÉglise. Pareillement ceux qui sont favorisés de dons mystiques, loin dô se croire au-dessus de la hiérarchie, doivent être les plus soumis.
On touchait au grand problème : qui existe dans l'Église? Est-ce le peuple? Est-ce le clergé? Est-ce rinspiré? La question s'était déjà posée du temps de saint PauP, qui la résolvait de la vraie manière, par la charité mutuelle. Notre Epltre tranche la question dans le sens du pur catholicisme. Le titre apostolique est tout; le droit du peuple est réduit à rien. On peut donc dire que le catholicisme a eu son origine à Rome, puisque l'Église de Rome en a tracé la première règle. La préséance n'appartient pas aux dons spirituels, à la science, à la distinction ; elle appartient à la hiérarchie, aux pouvoirs transmis par le canal de l'ordination canonique, laquelle se rattache aux apôtres par une chaîne non interrompue. On sentait que l'Église libre, comme l'avait conçue Jésus' et comme saint Paul l'admettait encore^, était une utopie anarchique, dont il n'y avait rien à tirer pour l'avenir. Avec la liberté