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Un96] LES ÉVANGILES. 417

taçon d'envisager le rôle de Jésus prit le plus fortement racine, et d'où elle se répandit sur le monde chrétien.

Ce n'est pas,* en effet, au seul apôtre Jean que la tradition rapporte la solennelle promulgation de ce dogme nouveau. Autour de Jean, la tradition nous montre cette doctrine soulevant des orages, troublant les consciences, provoquant des schismes et des analhèmes. Vers le temps où nous sommes arrivés, commença de se montrer à Éphèse S venant d'Alexandrie, comme un autre Âpollos, un homme qui parait, à une génération de distance, avoir eu avec ce dernier beaucoup de rapports. 11 s'agit de Cérinthe *, que d'autres appelaient Mérinlhe^ sans qu on puisse savoir quel jeu se cache sous cette asso-

4. On peut supposer que c'est à Cériothe qu'il est fait allusion

dans Act., xx, 99-30. Cf. Saint Paul, p. xxxii.

2. Irénée, Adv. hcer., I, xxvi, 1 ; IIl, xi, 4, 7; PhilosophU' mena, VII, 7, 9, 33, 34, 35; X, 24, 22; Caïus, dans Eus., H. E,, III, xxvin, 2-3; Denys d'Alexandrie, dans Eus., //. E,, III, xxviii, 4-5, et YII, XXV, 2-5; Tertullien, Prœscr,, c. 48; saint Épiphane, haer. xxviii entier; xxx, 3, 26; u, 3, 4, 6; Traité contre toutes les hérésies, aUribué à Terlullien (édit. Œhler), c. 3; Ttiéodoret, Hœret. fab., II, 3; Philastre, c. 36, 60; saint Jérôme, De viris Ht., 9; Adv. laciferianos, c. 9, p. 304, 303, Mart., IV, 2* part.; Epist. 89 (74), col. 623, t. IV, 2* part.; saint Augustin [ut fertur], De hœresibus, 8 (0pp., t. VIII); saint Grég. de Nazianze, Orat,, XV, 8, p. 460 (Paris, 4778).

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nance \ Comme Apollos, Cérinthe était né juif, et, j avant de connaître le christianisme, avait été imba i de philosophie judéo-alexandrine. Il embrassa la foi de Jésus d*une manière toute différente des bons Israélites qui croyai^t le royaume de Dieu réalisé es^ ridylle de Nazareth, et des païens pieux qu'iB^ instinct secret attirait vers cette forme mitigée d^ judaïsme. Son esprit d'ailleurs parait avoir eu peu d^ fixité et s'être volontiers porté d'un extrême h l'autre -- Tantôt ses conceptions se rapprochent de celles de^ ébionites *; tantôt elles inclinent au millénarisme'^ tantôt elles flottent en plein gnosticisme, ou offrent de l'analogie avec celles de Philon. Le créateur du monde et l'auteur de la loi juive, le Dieu d'Israël enfin, n'a pas été le Dieu étemel ; ce fut un ange, une sorte de démiurge subordonné au grand Dieu tout-puissant. L'esprit de ce grand Dieu, longtemps inconnu au monde, n'a été révélé qu'en Jésus. L'Évangile de Cérinthe était l'Évangile des Hébreux*,

4 . Cérinthe et Mérinlhe sont distingués dans Épiph., bœr. li, 6. î. Philasfre, ch. 37.

3. Caïas et Denys d'Alexandrie (/. c. ; cf. Pseudo-Aag. , baBr. 8) présentent seuls la chose sous ce jour. 11 semble résulter de ces deux singuliers passages que PApocalypse fut par quelques-uns attribuée à Cérinthe, lequel aurait voulu se couvrir de Tautorité de Jean. Cf. Épiph., baer. li, 3-4; Théodoret, Hœret. fab., II, 3.

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