‹ L'Antechrist (volume 4)Chapitre 277 sur 353 · Voir ci-dessus, p. 50 et suiv · texte numérisé non relu

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% Ëpiph., hsr. XXX, 18.

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Marcion et les gnostiques reprendront avec plus de vigueur, parut un affreux scandale à la conscience chré- • tienne. En séparant de Jésus Têtre fantastique appelé ChristoSj, elle n'allait pas à moins que scinder la personne de Jésus, à enlever toute personnalité à 1^ plus belle partie de sa vie active, puisque le Chri ^^ se trouvait ainsi n'avoir été en lui que comme que ^^ que chose d'étranger à lui et d'impersonnel. C^ ^ conçoit, en particulier, que les amis de Jésus, cem ^ qui l'avaient vu et chéri, enfant, jeune homme, mai^ ' t y r, cadavre, en fussent indignés. Leurs souvenirs re — présentaient Jésus aussi aimable, aussi dieu, à ui^ moment qu'à un autre ; ils voulaient qu'on l'adoptât^ qu'on le révérât tout entier. Jean, à ce qu'il parait, repoussait les doctrines de Gérinthe avec colère. Sa fidélité à une affection d'enfance pourrait seule excuser certains traits de fanatisme qu'on lui attribue, et qui, du reste, semblent n'avoir pas été en dehors de son c aractère habituel *. Un jour, entrant dans un établi<îsement de bains à Ephèse, et apercevant Gérinthe : « Fuyons, dit-il, l'édifice va s'écrouler, puisque Gérinthe y est, l'ennemi de la vérité *. » Ces

2. Irénée, llf, m, 4 (anecdote de Polycarpe]; Eusëbe, //. E., III, xxvni, 6; IV, xiv, 6. Épipbane, hsr. xxx, 24, met Ebion en place de Cérinthe, par lapsus. L'anecdote a peut-être été ioventéo d'après le passage II Job., 10, 41, censé authentique.

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haines violentes sont le fait des sectaires. Qui aime beaucoup hait beaucoup.

De tous les côtés, la difficulté de concilier les deux rôles de Jésus, de faire cohabiter dans une même existence Thomme sage et le Christ produisait des imaginations analogues à celles qui excitaient la colère de Jean. Le docélisme était, si on peut s'exprimer ainsi, Thérésie de ce temps. Beaucoup ne pouvaient admettre que le Christ eût été crucifié, mis au tombeau ^ Les uns, comme Cérinthe, admettaient une sorte d'intermittence dans le rôle divin de Jésus ; les autres supposaient que le corps de Jésus avait été fantastique, que toute sa vie matérielle, surtout sa vie souffrante, ne fut qu'une apparence *. Ces imaginations venaient de l'opinion, fort répandue à cette époque, que la matière est une chute, une dégradation de l'esprit, que la manifestation matérielle est un abaissement de Tidée. L'histoire évangélique se volatilisait ainsi en quelque chose d'impalpable. Il est curieux que l'islamisme, qui n'est qu'une sorte de prolongation arabe du

1. « Qui Jesum séparant a Chrislo, et impassibilem persévérasse Christum passum vero Jesum dicunt. » Iréoée, III, xi, 7.

2. Le désir de combattre cette erreur se sent dans les Épttres de Jean, I Joh., i, i, 3; iv, 2, 3; II Joh.; 7; Polycarpe, Epist, ad Phil., c. 7; pseudo-Ignace, Éph,, 7-8; Tro// .,9, 40; Smt/rn.j <-«; Magn., 8, 9, 40, 14; saint Jérôme, Adv. luciferianos, 8.

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judéo-christianisme S ait adopté cette idée sur Jésus* A Jérusalem, en particulier, les musulmans on^ toujours nié absolument qu'Isa soit mort sur le Gol— gotha ; ils prétendent que Ton crucifia en sa plac»^ quelqu'un qui lui ressemblait '• Le lieu supposé dm l'ascension, sur le mont des Oliviers, est pour I scheikhs le vrai lieu saint de Jérusalem se rapportan à Isa ; car c'est là que le Messie impassible^ né d soufHe sacré, non de la chair, parut pour la dernière fois uni à l'apparence qu'il avait choisie.

Quoi qu'il en soit, Cérinthe devint dans la tradition chrétienne une sorte de Simon le Magicien, un personnage presque fabuleux, le représentant typique du christianisme docète, frère du christianisme ébionite et judéo-chrétien. Comme Simon le Magicien était l'ennemi juré de Pierre, Cérinthe fut censé l'adversaire acharné de Paul. On le mit sur le

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