Épiph., xxviii
3. En réalité, la tradition eoclésiistique nous a légué deux portraits de Cérinthe, Tort différents i*un de l'autre : 4* le Cérinthe millénaire, disciple ou auteur de TÂpocalypse, qui résulte de ce que disent Caïus et Denys d'Alexandrie ; t^le Cérinthe gnostiqve et antijuif, qui résulte de la notice d^Irénée et de celle des Phihsophumena, laquelle découle presque tout entière d'Irénée.
42i ORIGINES DU CHRISTIANISME. [Ao O^j
la doctrine chrétienne. En s*opposant à lui, en le niant, l'Église chrétienne fit le plus grand pas qu'elle eût encore fait vers la constitution d'une orthodoxie.
Par ces luttes et ces contradictions, en effet, la théologie chrétienne se développait. La personne de Jésus et les combinaisons singulières de l'homme et de la Divinité qu'on était amené à supposer en lui formaient la base de ces spéculations. Nous verrons le gnosticisme naître d'un courant d'idées toutes semblables, et chercher à son tour à décomposer l'unité du Christ ; mais l'Église orthodoxe sera constante à repousser de telles conceptions ; Texistence du christianisme, fondé sur la réalité de l'action personnelle de Jésus, était à ce prix.
Jean se consolait sans doute de ces aberrations, fruits d'un esprit étranger à la tradition galiléenne, par la fidélité et laiïection dont l'environnaient ses disciples *. En première ligne * était un jeune Asiate, nommé Polycarpc, qui devait avoir trente ans lors
1. L'impression de tristesse causée par la muliiplication des sectes et des schismes vers Tan 100 se retrouve peut-être dasi les discours prêtés à Jésus, Jean, xvii, etc. Cf. I Joh., i, 47.
2. C'est gratuitement qu'on a rattaché Ignace et Papias à réoob de Jean. Irénéc, V, xxxiii, 4 (cf. Eus., H. E., UI, xxzix, 4, S); Eus. et saint Jérôme, Chron.,ip. 16Î-163, Schœne; Mari. Ign.,Z; Curcton, Corp. ign., p. tt\^ 252.
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de rextrême vieillesse de Jean, et qui paraît s'être converti à la foi du Christ dès son enfance ^ • Le respect extrême qu'il avait pour l'apôtre le lui faisait regarder avec l'œil curieux de l'adolescent, où tout s'agrandit et se transforme. La vive image de ce vieillard se fixa dans son esprit, et toute, sa vie il en parla comme d'une vision qu'il aurait eue du monde divin * . C'est à Smyrne qu'il exerça sa principale activité, et il n'est pas impossible qu'il eût été détaché par Jean pour présider l'Église déjà ancienne ' de cette ville, comme le veut Irénée *.
4. Mari. Polyc, 9; corop. l'Antéchrist, p. 566-567. Le chiffre 86 paraît devoir s'appliquer à la durée de la vie de Polycarpe et non au temps qui se serait écoulé depuis sa conversion. ho nos de l'Épitre de Polycarpe, S 44, se rapporte à l'Église de Smyme, opposée & celle de Philippes. Le martyre de Polycarpe eut lieu le 23 février 455. Voir Mém, de l'Acad. des inscr,, nouv. série, t. XXVI, 4'« part., p. Î32 et «miw \ Zeitschrifl fur die histar, Tlieologie, 4875, p. 377-395.
2. Irénée, Adv, hcer., III, m, 4, surtout la lettre & Florinus, dont on a vainement attaqué l'authenticité, et la lettre à Victor. Irénée, esprit si peu solide, si dénué de tout jugement, est en général une faible autorité; mais il s'agit ici de faits personnels; il s'en entretient avec des gens qui les savaient aussi bien que lui. Un mensonge de sa -part est donc impossible à supposer. Nous avouons pourtant qu'il est surprenant qu'il ne soit pas question de Jean dans l'Ëpltre ni dans le Martyre de Polycarpe.