‹ L'Antechrist (volume 4)Chapitre 282 sur 353 · Voir Vie de Jésus, p. lxxii et suiv · texte numérisé non relu

Voir Vie de Jésus, p. lxxii et suiv

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culier les parties de la vie de Jésus qui s'étaient passées à Jérusalem offraient plus de développement ^ Nous croyons que l'apôtre Jean, dont le caractère parait avoir été assez personnel, et qui, dès le vivant de Jésus^ aspirait, avec son frère, à la première place dans le royaume de Dieu, se donnait assez naïvement cette place, dans ses récits. S'il lut les Evangiles de Marc ou de Luc, ce qui est possible, il dut trouver qu'il n'y était pas assez question de lui, que l'importance qu'on lui attribuait n'était pas en rapport avec celle qu'il avait eue. Il tenait à ce qu'on sût qu'il avait été le disciple particulièrement aimé de Jésus ; il voulait qu'on crût qu'il avait joué le premier rôle dans le drame évangélique* Avec sa vanité de vieillard, il tirait à lui toute Timportance, et ses longues histoires avaient souvent pour but de montrer qu'il avait été le disciple favori de Jésus, qu'aux moments solennels lui seul avait reposé sur son cœur, que Jésus lui avait confié sa mère, que, dans une foule de circonstances ou l'on attribuait le premier rôle à Pierre, ce rôle lui avait appartenu, à lui Jean. Son grand âge prêtait à toute sorte de réflexions ; sa longévité passait pour un signe du Ciel. Comme d'ailleurs une parfaite bonne foi ne distinguait pas

\. Voir Vie de Jésus, 13* édit. [et suiv.], appendice.

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son entourage, et que même un peu de charlatanisme pouvait s'y mêler, on conçoit quels produits étrangi devaient germer dans ce nid d'intrigues pieuses, aatour d'un vieillard dont la tête était peut-être affaiblie et qui se trouvait à la disposition de ceux qui \m soignaient.

Jean resta jusqu'à la fin un juif exact, observan la Loi dans toute sa rigueur ^ ; il est douteux qu les théories transcendantes qui commençaient à* se répandre sur l'identité de Jésus et du Logof aient jamais été comprises de lui ; mais, comme il arrive dans les écoles où le maître atteint un grand âge, l'école marchait sans lui et hors de lui, tout enf prétendant s'appuyer de lui. Jean se mblait prédestiné à être exploité par les auteurs de pièces supposées. Nous avons vu tout ce qu'il y a de louche dans l'origine de l'Apocalypse ; les objections sont presque également graves et contre l'authenticité de ce livre singulier et contre l'hypothèse qui le déclare apocryphe. Que dire de cette autre bizarrerie, qu'une branche entière de la tradition

4. Irénée, Adv. hœr,, m, xii, 46; Lettre à Victor, dans Eus.,

H. £., V, 24. Au ii« siècle, l'exemple deTapôtreJean est la grande

autorité qu'invoquent les Asiates qui restent le plus attachés aux

coutumes juives, surtout en ce qui touche la pftque. Polycrate,

dans Eus., H, E*, V, 24.

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ecclésiastique, Técole d'Alexandrie, a voulu, nonseulement que TApocalypse ne soit pas de Jean, mais qu'elle soit de l'adversaire de Jean, de Gérinthe*? Nous verrons les mêmes équivoques entourer la seconde classe d'écrits johanniques qui se produira bientôt, et une seule chose rester claire, c'est que Jean ne peut être à la fois l'auteur des deux séries d'ouvrages qu'on lui attribue. Aucune des deux séries n'est peut-être de lui ; mais certainement les deux séries ne sont pas de lui.

L'émotion fut grande, le jour où l'on vit expirer l'apôtre * en qui depuis des années se résumait toute la tradition chrétienne, et par lequel on croyait tenir encore à Jésus et aux origines de la parole nouvelle. Toutes les colonnes • de l'Église avaient disparu. Celui à qui Jésus avait promis, selon l'opinion commune, de ne pas le laisser mourir jusqu'à ce qu'il revint, descendait à son tour au tombeau. Ce fut une

\. Voir ci-dessus, p. 418, note 3.

2. Sur le prétendu meurtre de Jean par les jui&, voir rAtUechrist, p. 562-563. Des persécutions opérées directement à cette date par les juifs sur des compatriotes dissidents sont en Asie un fait inacceptable. L'assertion de Justin (ApoL I, 34) n'a pu être vraie qu'en Syrie du temps de Bar-Goziba. Si fiusèbe et les anciens avaient lu dans Papias ce que dit Hamartolus, ils l'eussent adopté ou du moins cité.

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