‹ L'Antechrist (volume 4)Chapitre 283 sur 353 · Gai., II · texte numérisé non relu

Gai., II

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déception cruelle, et il fallut, pour justifier la prophétie de Jésus, recourir à des subtilités. Il n*était pas vrai, disaient les amis de Jean, que Jésus eût annoncé que son apôtre chéri resterait en vie jusqa à sa réapparition. Il avait dit seulement à Pierre : c( Si je veux qu'il reste jusqu'à ce que je vienne, que t'importe ' ? » Formule vague, qui laissait le champ ouvert à toute sorte d'explications et permettait de croire que Jean, comme Hénoch, Elie, Esdras, était tenu en réserve jusqu'au retour du Christ K C'était ici, en tout cas, un moment solennel. Personne ne pouvait plus dire : « Je l'ai vu. » Jésus et les premières années de l'Église de Jérusalem se perdirent dans un lointain obscur. L'importance passa dès lors à ceux qui avaient connu les apôtres, à Marc et à Luc, disciples de Pierre et de Paul, aux filles de Philippe, continuatrices de ses dons merveilleux. Polycarpe, toute sa vie, allégua les rapports qu*il

4. Jean, \\i, 21-23. Une parlie de la tradition voulut qu'il fût descendu vivant dans le tombeau, où il dort jusqu'à la résurrection. Saint Ambroise, In Psalm, cxvilh serm. xx, 42 (Opp , I, col. 1225); saint Jérôme, Adv. Jovin., I, c. 26, p. 4 68, IV, 2* part., édit. Martianay ; saint Augustin, Tract, in Joh, Evang., 124; Isidore de Séville, De ortu et obitu palrum, c. 43, Migne, t. IH, p. 1288-4289 (voir Revue critique, 6 avril 1872, p. 211-21 i): Grég. de Tours, I, 24.

2. Cf. Saint Ilippolyte, De consumm. mundi, S 21 ; Muspilli. dans les Berichte de la Soc. de Saxe, t. XVIII (1866}, p. 216-217.

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avait eus avec Jean. Aristion et Presbyteros Johannes vécurent des mêmes souvenirs'. Avoir vu Pierre, André, Thomas, Philippe, devînt le titre capital aux yeux de ceux qui voulaient savoir la vérité sur l'apparition du Christ * . Les livres, comme nous l'avons dit vingt fois, comptaient pour peu de chose ; la tradition orale était tout. La transmission de la doctrine et la transmission des pouvoirs apostoliques furent conçus comme attachés h. une sorte de délégation^ d'ordinalion, de consécration, dont la source première était le collège apostolique. Bienlflt chaque Église voulut montrer la succession des hommes qui faisaient la chaîne en remontant depuis le temps oii l'on vivait jusqu'aux apôtres. La préséance ecclésiastique fut conçue comme une sorte d'inoculation de pouvoirs spirituels, ne souffrant pas d'interruption. Les idées de hiérarchie sacerdotale faisaient ainsi de rapides progrès; l'épiscopat se constituait chaque jour.

Le tombeau de Jean était montré à Ëphèse* quatre-vingt-dix ans plus tard * ; il est probable que

t. Papias, dans Eus., //. E., III, \\\ix, i.

î. Papias, ibid,

i, l'olycrale, dans Eus., //. E., Il[, xxsi, 3, et Donys d'Alexandrie, dans Eu$., //. E., VI(, xxv, 16; III. xxxix, 6.

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c'est sur ce monument vénéré que s'éleva la basilique qui devint célèbre, et dont l'emplacement parait avoir été à l'endroit de la citadelle actuelle d'Aïa-Solouk K A côté du tombeau de l'apôtre se voyait, au ni*" siècle, un second tombeau, que l'on attribuait aussi à un personnage nommé Jean, et qui dut occasionner bien des confusions '. Nous en reparlerons encore.

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