IGNACE D'ANTIOCHE
Ântioche eut sa part S et très- violente, dans ces cruelles mesures, qui devaient être si parfaitement inefficaces. L'Eglise d* Antioche, ou du moins la frac-
tien de cette Eglise qui se rattachait à saint Paul, avait à ce moment pour chef un personnage entouré du plus profond respect, qu*on nommait Ignatius. Ce nom est probablement un équivalent latin du nom syriaque Nourana '• La réputation d'Ignace était répandue dans toutes les Eglises, surtout en
4. Jean Gbrys., Or. in Ign. mart., 4. 0pp. II, p. 597, Montf.
5. Dans les manuscrits syriaques et arabes, après le nom d'Ignace vient toujours Tépithète nourono ou nourani (igneus), qui renferme sûrement une allusion au nom d' Ignatius (ignis). Mais il est possible qu'à Tinverse Nourono vienne par jeu de mots di Ignatius. Le nom d'Ignatius (pour Egnatius) était en usage chez les juifs. Corpus inscr, gr,j n"* 4429.
486 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 112]
Asie Mineure ■• Dans des circonstances que nous ignorons ', probablement à la suite de quelque mouvement populaire ', il fut arrêté, condamné à mort et, comme il n'était pas citoyen romain, désigné pour être conduit à Rome et livré aux bêtes dans Tamphithéâtre \ On choisissait pour cela les beaux
4 . Les témoignages directs sur cet important personnage ecclésiastique font défaut, puisque Tépttre attribuée à* Polycarpe est de valeur douteuse. Irénée (Y, xxviii, 4] et Eusébe {H. E.j III, 36) ne connaissent, ce semble, Ignace que par les épttres qu'on lui attribue. Les Actes du martyre dlgnace sont du iv* siècle, et ont été rédigés sans autres documents que ceux que nous possédons. Le renseignement Mart, Ignat,, 3, d'après lequel Ignace aurait été élève de Jean, est donc sans valeur (v. ci-dessus, p. 424, note 2). L'authenticité complète des sept lettres attribuées à Ignace est insoutenable (voir Tlntroduction). Mais cette correspondance fût-elle tout entière apocryphe, comme elle existait certainement, ainsi que répUre de Polycarpe, avant la 6n du ii* siècle, ce fait suffît pour prouver la réalité du martyre d'Ignace et l'importance qu'on y attacha.
2. C'est artificiellement que les Actes du martyre d'Ignace rattachent l'arrestation d*Ignace au séjour de Trajan à Antioche. Eusébe ne sait rien de cette circonstance (H. E., III, 36) et place la mort d'Ignace avant le départ de Trajan pour l'Orient (Chron., à Pan 8 ou 10 deTraj.). Cf. saint Jérôme^ De viris ill., 4 6. Les Actes de Dressel [Pair, apost., p. 368 et suiv.) sont pour la cinquième année de Trajan. Toute cette chronologie desActes de saint Ignace est pleine d'erreurs. Cf. Dierauer, p. 170, note. Comparez le commencement des Actes de saint Scherbil.