‹ L'Antechrist (volume 4)Chapitre 335 sur 353 · SEPARATION DÉFINITIVE DE L*<GLISE ET DE LA SYNAGOGUE · texte numérisé non relu

SEPARATION DÉFINITIVE DE L*<GLISE ET DE LA SYNAGOGUE

Le fanatisme ne connaît pas le repentir. Le monstrueux égarement de l'an 117 n'a guère laissé dans la tradition des juifs qu'un souvenir de fête. Au nombre des jours où il est défendu de jeûner et où le deuil doit être suspendu *, figure, à la date du 12 décembre, le iom Trdianos, ou « jour de Trajan », non pas que la guerre de 116-117 ait pu donner lieu à aucun anniversaire de victoire, mais à cause de la fin tragique que l'agada voulut prêter à l'ennemi d'Jsraël*.

4. Voir le petit calendrier appe'é Megillalh Taanith, n^ 29 et la glose. Cr. Talm. de Bab., Taanilh, \Sb; Talm. de Jér., Taanith, II, 42.

5. On conrondit Trajan et Quictus. La fin de ce dernier fut tragique en effet. Voir Spartien, v, 8; Dion Cassius, LXVIII, 32. L'ingénieux système selon lequel le livre de Judith serait la megilla de celte fête, comme Eathcr l'est de la fête des pourim, n'est pas soutenable.

514 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [Ad Wi]

Les massacres de Quietus restèrent, d*un autre côté, dans la tradition sous le nom de polémos schel Quitos ' . On y rattacha un progrès d* Israël dans sa voie de deuil*.

Après le polémos schel Aspasinos*, on interdit les couronnes pour les mariés et l'usage des tambourins.

Après le polémos schel Quitos, on interdit les couronnes pour les mariées, et il fut défendu d'apprendre à son fils la langue grecque.

Après le dernier polémos^, on interdit à la mariée de sortir dans la ville en litière.

Ainsi chaque folie amenait une séquestration nouvelle, un renoncement nouveau à quelque partie de la vie. Pendant que le christianisme devient de plus en plus grec et latin, et que ses écrivains se conforment au bon style hellénique, le Juif s'interdit Télude du grec et se renferme obstinément dans so:i inintelligible patois syro-hébraïque. La racine de toute bonne culture intellectuelle est coupée chez lui pour anille ans. C'est surtout à cette époque que se rapportent les décisionsqui présentent l'éducation grecque

4. Seder olam, vers la fin; Mischna, Sola, ix, 44. Cf. Gra>tz, Gescft. dcr Juden, IV, 440 et suiv., 2« édit.; Volkmar, Judith, j). 83 cl suiv. ; Derenbourg, Palesi,, p. 404.

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