Judith, X, 40; xii, 7. Voir ci-dessus p. 20-27, note
3. Ihid-, V, 4 ; vi, 44 ; vu, 3, 40 et suiv. Cf. xii, 7; xv, 3.
32 ORIGINES DU CHRISTIANISME. {An 74]
préceptes sur les aliments et à manger les prémices réservées aux prêtres. Ils ont bien envoyé demander Tautorisation du sanhédrin de Jérusalem ; mais à Jérusalem aussi on est relâché; on leur permettra tout ; alors il sera facile de les vaincre ^ a Je prierai Dieu, ajoutc-t-elle, de me faire savoir quand ils pécheront*. » Puis, à l'heure où Holopherne se croit assuré de toutes ses complaisances, elle lui coupe la tête. Dans cette expédition, elle n'a pas manqué une seule fois à la Loi. Elle prie et fait ses ablutions aux heures voulues; elle ne mange que les mets qu'elle a portés avec elle ; môme le soir où elle va se prostituer à Holopherne, elle boit son vin & elle. Judith vit encore après cela cent cinq ans, refusant les mariages les plus avantageux, heureuse et honorée. Durant sa vie et longtemps après elle, personne n'ose inquiéter le peuple juif. Achior est aussi récompensé d'avoir bien connu Israël. Il se fait circoncire et devient enfant d'Abraham à perpétuité.
L'auteur, par son penchant à imaginer des conversions de païens % par sa persuasion que Dieu aime surtout les faibles, qu'il est par excellence le
1. Judith, XI, 42 cl suiv. Cf. FMIier, texte grec, interpolation après IV, M.
«. JiidUh,\\, 46-17. Cf. XII, 2, 9, 48-19. 3. Ibid., XI, 23 ; xiv, 6.
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dieu des désespérés S se rapproche des sentiments chrétiens. Mais par son attachement matérialiste aux pratiques de la Lois, i| se montre pharisien pur. Il rêve pour les Israélites une autonomie sous l'autorité de leur sanhédrin et de leur nasi. Son idéal est bien celui de labné. Il y a un mécanisme de la vie humaine que Dieu aime ; la Loi en es^ la règle absolue ; Israël est créé pour l'accomplir. C'est un peuple comme il n'y en a pas d'autre, un peuple que les païens haïssent, parce qu'ils savent bien quMl est capable de séduire le monde entier % un peuple invincible, pourvu qu'il ne pèche pas*. Aux scrupules du pharisien se joignent le fanatisme du zélote , l'appel au glaive pour défendre la Loi , l'apologie des plus sanglants exemples de violences religieuses \ L'imitation du livre d'^s/Aer perce dans tout l'ouvrage; l'auteur lisait ce livre, non tel qu'il existe dans l'original hébreu, mais avec les interpolalions qu'offre le texte grec \ L'exécution littéraire est faible ; les parties banales, lieux communs de Vagada
A. Judith, IX, 44.