‹ L'Antechrist (volume 4)Chapitre 50 sur 353 · Ëpipb., xvui, 4 ; xxx · texte numérisé non relu

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comme on sait, la plus grande partie de la sainteté de Jacques, frère du Seigneur. Ce Jacques était pour eux la perfection de la sainteté ^ Pierre aussi obtenait tous leurs respects '. C'est sous le nom de ces deux apôtres qu'ils mettaient leurs révélations apocryphes*. Au contraire, il n'y avait malédiction qu'ils ne prononçassent contre Paul. Us l'appelaient a l'homme de Tarse », « l'apostat »; ils racontaient sur lui les histoires les plus ridicules; ils lui refusaient le titre de juif, et prétendaient que, soit du côté de son père, soit du côté de sa mère, il n'avait eu pour ascendants que des païens*. Un juif véritable parlant de l'abrogation de la Loi leur paraissait une impossibilité absolue.

Nous verrons bientôt une littérature sortir de cet ordre d'idées et de passions. Les bons sectaires de Kokaba tournaient obstinément le dos à l'Occident, à l'avenir. Leurs yeux étaient toujours dirigés vers Jérusalem, dont ils espéraient sans doute la

1. Épiph., XXX, 2, 16; Homélies pseudo-clémentines, lettres préliminaires.

S. Ëplph., XXX, 15, 21.

3. Épiph., XXX, 16; Homélies pseudo-clém., lettres prélim. ; Sacy, Chresl, arabe, 1, p. 306, 346.

4. Irénée, I, xxvi, 2 ; UI, xv, 1 ; Busèbe, //. E,, Hï, 27 ; Épiph., XXX, 1 7, 25 ; Tliéodoret, llœrel. fab., II, 1 ; saint Jérôme, In Mallh. , XII, init. Cf. Saint Paul, p. ^99 et suiv.

[An 74] LES ÉVANGILES. 53

miraculeuse restauration. Ils l'appelaient « la maison de Dieu », et, comme ils se tournaient vers elle dans la prière, on devait croire qu'ils lui avaient voué une espèce d'adoration ^ Un œil pénétrant aurait pu dès lors apercevoir qu'ils étaient en train de devenir des hérétiques, et qu'un jour ils seraient traités de profanes dans la maison qu'ils avaient fondée.

Une différence totale séparait, en effet, le christianisme des nazaréens, des ébionims des parents de Jésus, de celui qui triompha plus tard. Pour les continuateurs immédiats de Jésus, il s'agissait non de remplacer le judaïsme, mais de le couronner par 1 avènement du Messie. L'Église chrétienne n'était pour eux qu'une réunion de hasidim, de véritables Israélites, admettant un fait qui, pour un juif non sadducéen, devait paraître fort possible : c'est que Jésus, mis à mort et ressuscité, était le Messie, qui dans un bref délai devait venir prendre possession du trône de David et accomplir les prophéties. Si on leur eût dit qu'ils étaient des déserteurs du judaïsme, ils se fussent sûrement récriés, et eussent protesté qu'ils étaient les vrais juifs, les héritiers des promesses. Renoncer à la loi mosaïque eût été,

\. Iréoée, I, xxvi, 2.

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