‹ L'Antechrist (volume 4)Chapitre 54 sur 353 · Voir V Antéchrist, p. 490 et suiv · texte numérisé non relu

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62 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 1

être atteignirent les chefs de l'Église de Jérusaîe réfugiés en Batanée *. Nous verrons ces poursuites n prises avec beaucoup plus de rigueur sous Domitiei

L'immense danger que renfermaient pour christianisme naissant ces préoccupations de gêné, logies et de descendance royale n'a pas besoin d'êt démontré. Une sorte de noblesse du christianisn était en Voie de se former. Dans Tordre politique, noblesse est presque nécessaire à l'État, la politiqi ayant trait à des luttes grossières, qui en font ui chose plus matérielle qu'idéale. Un Etat n'est bu fort que quand un certain nombre de familles, p; privilège traditionnel, ont pour devoir et pour i térêt de suivre ses affaires, de le représenter, de défendre. Mais, dans l'ordre de l'idéal, la naissan< n'est rien : chacun y vaut en proportion de ce qu découvre de vérité, de ce qu'il réalise de bien. D institutions qui ont un but religieux, littéraire, mora sont perdues, quand les considérations de famille, c caste, d'hérédité, viennent à y prévaloir. Les nevei et les cousins de Jésus eussent causé la perte d christianisme, si déjà les Églises de Paul n'avaiei eu assez de force pour faire contre-poids à cette arii tocratie, dont la tendance eût été de se proclama

4. Eusèbc, //. E,, III, 42, d'après Hégésippe; Orose, Vil, 4 Cf. Eus., H. E., III, 49, 20, 32.

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«eule respectable et de traiter tous les convertis en iotros. Des prétentions analogues à celles des Al ides dansTislam se fussent produites. LMslamisme eût certainement péri sous les embarras causés par la famille du Prophète, si le résultat des luttes du i*' siècle de Thégire n'eût été de rejeter sur un second plan tous ceux qui avaient tenu de trop près à la personne du fondateur. Les vrais héritiers d'un grand homme sont ceux qui continuent son œuvre, et non ses parents selon le sang. Considérant la tradition de Jésus comme sa propriété, la petite coterie des nazaréens l'eût sûrement étouffée. Heureusement ce cercle étroit disparut de bonne heure; les parents de Jésus forent bientôt oubliés au fond du Hauran. Ils per* dirent toute importance et laissèrent Jésus à sa vraie famille, à la seule qu'il ait reconnue, à ceux qui t entendent la parole de Dieu et qui la gardent » K Beaucoup de traits des Évangiles, où la famille de Jésus est présentée sous un jour défavorable % peuvent venir de l'antipathie que les prétentions nobiliaires des desposyni ne manquèrent pas de provoquer autour d'eux.

!• Luc, XI, 28.

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