Saint Épiph., hasr. xxix
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le nom de « nazaréens » ^ Cette malédiction s'introduisit dans la prière principale du judaïsme, Vamidu ou schemoné esré. Vamida se composa d'abord de dix*huit bénédictions ou plutôt de dixhuit paragraphes. Vers le temps où nous sommes ^, on intercala entre le onzième et le douzième paragraphe une imprécation ainsi conçue :
Aux délateurs pas d'espérance I Aux malveillants la destruction! Que la puissance de Torgueil soit affaiblie, brisée, humiliée, bientôt, de nos jours I Sois loué, ô Éternel, qui brises tes ennemis et abaisses les orgueilleux I
On suppose, non sans apparence de raison, que les ennemis d'Israël visés dans cette prière furent à Torigine les judéo-chrétiens % et que ce fut là une
4. Épiph., XXIX, 9; saint Jérôoie, sur haïe, v, 4S-49; XLix, 7; LU, 4 et suiv. Je pense que c'est aussi à cet usage que se rapporte ce que dit Justin {Dial, cum Tryph., c. 16, 47, 137) des ana thèmes que les juifs vomissent dans leurs synagogues contre Christ. Cf. saint Jérôme, In Is., xvin, 49.
2. On attribue Tintercalation en question au patriarche Rabbi Gamalie) II, et on suppose qa'elle fut faite à labné {Berakoth, cité ci-après).
3. On l'appelle aussi « la bénédiction des sadducéens ». Megilla, 47 h; Talm. de fiab., Berakoth,t^ b et suiv. (comp.Talm. de JéT.,Berakolh, iv,3; Schwab, p. 478 et suiv.) Les motsde^orfi/Mcéens, philosophes, épicuriens, samaritains {koutiim), minimj sont mis souvent l'un pour l'autre dans leTalmud. Le premier mot de la malédiction, dans les rituels juifs, e8ioulem[als]inim (les délateurs] , qu'on suppose avoir été substitué, par l'addition de deux
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sorte de schibboleth pour écarter des synagogues les partisans de Jésus. Les conversions de juifs au christianisme n'étaient point rares en Syrie. La fidélité des chrétiens de ce pays aux observances mosaïques fournissait à cela de grandes facilités. Tandis que le disciple incirconcis de saint Paul ne pouvait avoir de relations avec un juif, le judéo-chrétien pouvait entrer dans les synagogues, s'approcher de la téba et du lutrin où se tenaient les officiants et les prédicateurs, faire valoir les textes qui favorisaient ses idées. On prit à cet égard diverses précautions \ La plus efficace put être d'obliger tous ceux qui voulaient prier dans la synagogue à réciter une prière qui, prononcée par un chrétien, eût été sa propre malédiction .
En résumé, malgré ses apparences étroites, cette Église nazaréo-ébionite de Batanée avait quelque chose de mystique et de saint, qui dut frapper beaucoup. La simplicité des conceptions juives sur la divinité la préservait de la mythologie et de la métaphysique, où le christianisme occidental ne devait pas tarder à verser. Sa persistance à maintenir le sublime paradoxe de Jésus, la noblesse et le bonheur
leUres, à oulemînim (Dereab., p. 345, 346). Dans Mischna, Dera^ koik, IX, 9, tninim désigne réellement les sadducéens. 4. Hischna, Megilla, iv, 9; Derenbourg, p. 354-355.
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de la pauvreté, avait quelque chose de touchant, irêtait là peut-être la plus grande vérité du christianisme, celle par laquelle il a réussi et par laquelle il <o sunivra. En un sens, tous, tant que nous sommes, siavanls, artistes, prêtres, ouvriers des œuvres désinlôi-essées, nous avons encore le droit de nous appeler des ébionim. L'ami du vrai, du beau et du bien n'admet jamais qu'il touche une rétribution. Les choses de l'âme n'ont pas de prix ; au savant qui réclaire, au prêtre qui la moralise, au poète et à Kartistc qui la charment, l'humanité ne donnera JstuKUs qu'une aumône, totalement disproportionnée avec ce qu'elle reçoit. Celui qui vend l'idéal et se croit jKiYÔ pour ce qu'il livre est bien humble. Le fier Ubion^ qui pense que le royaume du ciel est à lui, voit Jans la part qui lui est échue ici-bas non un salaire, lu^s l'obole qu'on dépose dans la main du mendiant. Les nazaréens de Satanée avaient ainsi un inappnviable privilège, c'était de posséder la tradition ^iciiodos paroles de Jésus; l'Évangile allait sortir de teiu- soin. Aussi ceux qui connurent directement ! t'^li^^ d'au delà du Jourdain, tels que Hégésippe ', Juîw Africain S en parlent-ils avec la plus grande
I l\iiM 1':us»Mh\ //. E., m, 32; IV, 22.
^ Juîi^ii VMoaln paraît avoir élc en rapport avoc les naza-
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admiration. Là priocipalement leur sembla être Tidéal du christianisme ; cette Église cachée au désert, dans une paix profonde, sous l*aile de Dieu, leur apparut comme une vierge d'une pufeté absolue. Les liens de ces communautés écartées avec la catholicité se brisèrent peu à peu. Justin hésite sur leur compte ; il connaît peu l'Eglise judéo-chrétienne ; mais il sait qu'elle existe ; il en parle avec égards ; du moins il ne rompt pas la communion avec elle *. C'est Irénée qui ouvre la série de ces déclamations, répétées après lui par tous les Pères grecs et latins, et auxquelles saint Epipbane met le comble par l'espèce de rage qu'excitent chez lui les seuls noms d'Ébton et de nazaréens. Une loi de ce monde veut que tout fondateur devienne vite un étranger, un excommunié, puis un ennemi, dans sa propre école, et que, s'il s'obstine à vivre longtemps, ceux qui sortent de lui soient obligés de prendre des mesures contre lui, comme contre un homme dangereux.
réeos et avoir reçu leurs traditions orales. Voir Eus., H, E,, I, vu, f artout les §§ 8 et 1 1 .