‹ L'Antechrist (volume 4)Chapitre 8 sur 353 · y. ci-après, p · texte numérisé non relu

y. ci-après, p

. > , .•..< vvnime dans celui des ' :\\;:^v, on arrive à des dé- . X' >.i >.,i.is*ntes. Mais nous ne savons .. ,v '.i {vrsonne d'Ignace; parmi les .^ .. . u .i::.ilnK\ il n'y a pas une page qui V i .4 Kv:::oslation, Nous n'avons donc aucun . . , ,. <s\:Ji* pour dire : Ceci est ou n'est pas de \ \.\' vjui complique beaucoup la question, c'est . :c !o to\to dos épîtres est extrêmement flottant, l /s îiîiiîiusorits grecs, latins, syriaques, arméniens, ylwnc niomo épître, diffèrent considérablement entre ou\. Cos lettres, durant plusieurs siècles, semblent avoir particulièrement tenté les faussaires et les intorpolateurs. Les pièges, les difficultés s'y rencontrent à cliaque pas.

Sans compter les variantes secondaires et aussi quelques ouvrages d'une fausseté notoire, nous possédons deux collections d'inégale longueur d'épîtres attribuées à saint Ignace. L'une contient sept lettres adressées aux Ephésiens, aux Magnésiens, aux Tralliens, aux Romains, aux Philadelphiens, aux Smyrniotes, à Polycarpe. L'autre se compose de treize lettres, savoir : 1* les sept précédentes, considérablement augmentées; 2* quatre nouvelles lettres d'Ignace aux Tarsiens, aux Pliilippiens, aux Antiochéniens, à Héron ; 3"" enfin une lettre de Marie de Castabale à Ignace, avec

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la réponse d'Ignace. Entre ces deux collections il n'y a guère d'hésitation possible. Les critiques, depuis Usscrius, sont t peu près d'accord pour préférer la collection de sept lettres à la collection de treize. Nul doute que les lettres qui sont en plus dans cette dernière collection ne soient apocryphes. Quant aux sept lettres qui sont communes aux deux collections, le vrai texte doit certainement en être cherché dans la première collection. Beaucoup de particularités des textes de la seconde collection décèlent avec évidence la main de l'interpolateur ; ce qui n'empêche pas que celte seconde collection ait une véritable valeur critique pour la constitution du texte ; car il semble que l'interpolateur avait entre les mains un manuscrit excellent , et dont la leçon doit souvent être préférée à celle des manuscrits non interpolés actuellement existants.

La collection de sept lettres est-elle, du moins, h l'abri du soupçon? Il s'en faut de beaucoup. Les premiers doutes furent soulevés par la grande écoUî de critique française du xvii* siècle. Saumaise, Blondel élevèrent les objections les plus graves contre certaines parties de la collection de sept lettres. DailléS en 1666, publia une dissertation

1. J. Dallaeus, De scriplis quœ àub Dionysii AreopagUmi Ignatii Anliocheni nominibus circumfarunlur.

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remarquable, oîi il la rejetait tout entière. Malgré les vives répliques de Pearson, évoque de Chesler, et la résistance de Cotelier, la plupart des esprits indépendants, Larroque, Basnage, Casimir Oudin, se rangèrent à l'opinion de Daillé. L'école qui, de nos jours, en Allemagne, a si doctement appliqué la critique à l'histoire des origines du christianisme, n'a fait que marcher sur ces traces, vieilles de près de deux cents ans. Neander et Giesclcr restèrent dans le doute ; Christian Baur nia résolument ; aucune des épîtrcs ne trouva grâce devant lui. Ce grand critique, à vrai dire, ne se contenta pas de nier ; il expliqua. Pour lui, les sept épîtres ignatiennes furent un faux du ii* siècle, fabriqué à Rome en vue de créer des bases à l'autorité chaque jour grandissante de l'épiscopat. M3I.Sch\vcgler, Uilgenfeld, Vaucher, Volkmar, et plus récemment MM. Scholtcn, Pfleiderer, ont adopté la même thèse avec des nuances légères. Plusieurs théologiens instruits, cependant, tels que Uhlliorn, Hefelc, Dressel, persistèrent à chercher dans la collection des sept épîtres des parties authentiques ou même à la défendre tout entière. Une découverte importante sembla un moment, vers 1840, devoir trancher la question dans un sens éclecti- . que, et fournir un instrument à ceux qui tentaient l'opération difficile de séparer, dans ces textes en général peu

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accentués, les parties sincères des parties interpolées. Parmi les trésors que le Musée britannique avait tirés des couvents de Nîtric, M. Cureton découvrit trois manuscrits syriaques contenant tous les trois une même collection des épltres ignatiennes, beaucoup plus réduite que les deux collections grecques. La collection syriaque trouvée par Cureton ne comprenait que trois épîtres, l'épître aux Éphésiens, celle aux Romains, celle à Polycarpe, et ces trois épîtres s'y montraient plus courtes que dans le grec. Il était naturel de croire que Ton tenait enfin l'Ignace authentique, un texte antérieur h toute interpolation. Les phrases citées comme d'Ignace par Irénée^ par Origène, se trouvaient d|ins celte version syriaque. On croyait pouvoir montrer que les passages suspects ne s'y trouvaient pas. Bunsen, Rilschl, Weiss, Lipsius, dépensèrent, pour soutenir cette thèse, une ardeur extrême ; M. Ewald prétendit l'imposer d'un ton impérieux; mais de très-fortes objections y furent opposées. Baur, Wordsworth, Hofele, Uhlhorn, Merx, s'attachèrent à prouver que la petite collection syriaque, loin d'être le texte primitif, était un texte abrégé, mutilé. On ne montrait pas bien, il est vrai, quelles vues avaient dirigé Tabréviateur dans ce travail d'extraits. Mais, en recherchant tous les indices de la connaissance

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qu'eurent les Syriens des épîtres en question, on arriva à ce résultat, que non-seulement les Syriens n'avaient pas possédé un Ignace plus authentique que celui des Grecs, mais que môme la collection qu'ils avaient connue était la collection de treize lettres, d'oîi Tabréviateur découvert par Cureton avait tiré ses extraits. Petermann contribua beaucoup à ce résultat en discutant la traduction arménienne des épîtres en question. Celte traduction a été faite sur le syriaque. Or elle contient les treize lettres avec leurs parties les plus faibles. On est aujourd'hui à peu près d'accord pour ne demander au syriaque, en ce qui concerne les écrits attribués à l'évoque d'Antioche, que des variantes de détail.

On voit, d'après ce qui vient d'être dit, que trois opinions divisent les critiques sur la collection de sept lettres, la seule qui mérite d'être discutée. Pour les uns, tout y est apocryphe. Pour d'autres, tout ou à peu près tout y est authentique ' . Quelques-uns cherchent à distinguer des parties authentiques et des parties apocryphes. La seconde opinion nous paraît insoutenable. Sans affirmer que tout est apocryphe dans la correspondance de l'évêque d'An-

4. M. Zalm u sans succès relevé cotte opinion. Ignalius von J/jO'ocAiVw, Gotba, 1873.

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tioche, il est permis de regarder comme une tentative désespérée la prétention de démontrer que tout V est de bon aloi.

Si Ton excepte, en effet, l'épître aux Romains, pleine d'une énergie étrange, d'une sorte de feu sombre, et empreinte d'un caractère particulier d'originalité, les six autres épîtres, à part deux ou trois passages, sont froides, sans accent, d'une désespérante monotonie. Pas une de ces particularités vives qui donnent un cachet si frappant aux épîtres de saint Paul et même aux épîtres de saint Jacques, de Clément Romain. Ce sont des exhortations vagues, sans rapport personnel avec ceux à qui elles sont adressées, et toujours dominées par une idée fixe, Faccroissement du pouvoir épiscopal, la constitution de TEglise en une hiérarchie.

Certainement la remarquable évolution qui substitua à l'autorité collective de rexx>.7i<jia ou cuvaycoyvf la direction des Trpec&JTepoi ou smaxoirot (deux termes d'abord synonymes), et qui, parmi les TupeaÇurspot ou èxi<rxoroi, en mit un hors de ligne pour être par exœllence rè7ri<j3coiro; ou inspecteur des autres, commença de très-bonne heure. Mais il n'est pas croyable que, vers l'an 110 ou 115, ce mouvement fût aussi avancé que nous le voyons dans les épîtres ignatiennes. Pour l'auteur de ces curieux écrits, l'évêque

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est toute l'Eglise; il faut le suivre en tout, le consulter en tout : il résume la communauté en loi seul. Il est le Christ lui-même*. « Là où est l'évêque, là est l'Église, comme là où est Jésus-Christ, là est l'Église catholique*. » La distinction des différents ordres ecclésiastiques n'est pas moins caractérisée. Les prêtres et les diacres sont entre les mains de l'évêque comme les cordes d'une lyre ' ; de leur parfaite harmonie dépend la justesse des sons que rend l'Eglise. Au-dessus des Eglises particulières, enfin, il y a l'Église universelle, -h xaôo>ixvi 8K)c>.r,<ria*. Tout cela est bien de la fin du ii^ siècle, mais non des premières années de ce siècle. Les répugnances qu'éprouvèrent sur ce point nos anciens critiques français étaient fondées, et partaient du sentiment très-juste qu'ils avaient de l'évolution successive des dogmes chrétiens. •

Les hérésies combattues par l'auteur des épîtres ignatiennes avec tant d'acharnement sont aussi d'un âge postérieur à celui de Trajan. Elles se rattachent toutes au docétisme ou à un gnosticisme analogue à

h . Ad Eph., S 6.

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