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INTRODUCTION. xix
celui de Yalentin. Nous insistons moins sur ce point; car les épîtres pastorales^ et les écrits johanniques combattent des erreurs fort analogues; or nous croyons ces écrits de la première moitié du u* siècle. Cependant l'idée d'une orthodoxie liore de laquelle il n'y a qu'erreur apparaît dans les écrits dont il s'agit avec un développement qui semble bien plus rapproché des temps de saint Irénée que de Tàge chrétien primitif.
Le grand signe des écrits apocryphes, c'est d'affecter une tendance ; le but que s'est proposé le faussaire en les composant s'y trahit toujours avec clarté. Ce caractère se remarque au plus haut degré dans les épîtres attribuées à saint Ignace, l'épître aux Romains toujours exceptée. L'auteur veut frapper un grand coup en faveur de la hiérarchie épiscopale ; il veut accabler les hérétiques et les schismatiques de soo temps sous le poids d'une autorité irréfragable. Mais où trouver une plus haute autorité que celle de cet évêque vénéré dont tout le monde connaissait lu mort héroïque ! Quoi de plus solennel que des conseils donnés par ce martyr, quelques jours ou quel-
I. M. Pfleiderer {Der Paulinismus, Leipzig, 4873, p. 48î et SQi?.) a bien montré les rapports des épîtres ignatiennes avec les épîtres pastorales attribuées à Paul, surtout en ce qui concerne les erreurs combattues.
ques semaines avant sa comparution dans l'amphithéâtre? Saint Paul> de même, dans les épitres supposées à Tite et à Timothée, est présenté comme vieux, près de mourir ^ La dernière volonté d*un martyr devait être sacrée, et cette fois l'admission de l'ouvrage apocryphe était d'autant plus facile, que saint Ignace passait en effet pour avoir écrit diverses lettres dans son voyage vers la mort.
Ajoutons à ces objections des invraisemblances matérielles. Les salutations aux Eglises et les rapports que ces salutations supposent entre l'auteur des lettres et les Eglises ne s'expliquent pas bien. Les traits circonstanciels ont quelque chose de gauche et d'émoussé, ainsi que cela se remarque dans les fausses épîtres de Paul à Tite et à Timothée. Le grand usage qui est fait, dans les écrits dont nous parlons, du quatrième Évangile et des épîtres johanniques, la façon affectée dont l'auteur parle de la douteuse épîlre de saint Paul aux Ephésiens », excitent également le soupçon. Par contre, il est bien étrange que l'auteur, cherchant à. exalter l'Église d'Éphosc, relève les rapports de cette Eglise avec saint Paul et ne dise rien du séjour