I. Dans Eusèbe, H. E., III, xxxix
CHAPITBE VIII.
LE CHRISTIATEISMB ET l'BMPIRE, SOCS LES PLAVICS.
Loin de diminuer l'importance des juifs à Rome, la guerre de Judée n'avait contribué en un sens qu'à l'augmenter. Rome était de beaucoup la plus grande ville juive du monde; elle avait hérité de toute l'importance de Jérusalem. La guerre de Judée avait jeté en Italie des milliers d'esclaves juifs. De 65 à 72, tous les prisonniers faits durant la guerre avaient été vendus en masse. Les lieux de prostitution étaient pleins de juifs et de juives des familles les plus distinguées. La légende se plut à bâtir sur cette donnée des reconnaissances romanesques ^
A part la lourde capitation qui pesait sur les juifs, et qui valait aux chrétiens plus d'une avanie *,
4. Midrasch rabba sur Éka, i, 16; iv, 2; Talm. de Bab., Gillin, 58 a.
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le règne de Yespasien ne fut marqué pour les deux branches de la famille d*Israël pat aucune tourmente \ Nous avons vu que la nouvelle dynastie, loÎD de puiser en ses origines le mépris du judaïsme, avait été amenée par le fait de la guerre de Judée, inséparable de son avènement, à contracter des obligations envers un grand nombre de juifs. Il faut se rappeler que Yespasien et Titus, avant d'arriver au pouvoir, étaient restés près de quatre ans en Syrie et y avaient formé beaucoup de liens. Tibère Alexandre était l'homme à qui les Flavius devaient le plus. Il continuait d'occuper un rang de premier ordre dans l'État ; sa statue était une de celles qui décoraient le forum. Nec meiere fa^ est* I disaient avec colère les vieux Romains, irrités de cette intrusion des Orientaux. Hérode Agrippa II, tout en continuant à régner et à battre monnaie à ïibériade, à Panéas, vivait à Rome% entouré de coreligionnaires, menant grand train, étonnant les Romains
4. Tertullien, ApoL, 5; Eusèbe, //. C.^III, 47. Les Actes des prétendus martyrs qui auraient souffert sous le règne de ce prince n'ont pas d'autorité. L'opinion d'après laquelle le Colisée aurait été bâli par des prisonniers juifs n'apparaît que tard, et n'a de valeur que comme conjecture.
2. Juv,. sat. I, 428-430. V. Mém. de l'Acad. des inscr.^ XXVI, 4" partie, p. 294 etsuiv. Sur sa famille, voir ibid,, p. 302.
3. Jos., B. J., III, m, 4 , 5 ; VII, V, 4 ; Vila, 65 ; Madden, Jewisk
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par la pompe el 1* ostentation avec lesquelles il célébrait les fêtes juives >. Il montrait dans ses relations une certaine largeur, puisqu'il eut pour secrétaire le zélote radical Juste deTibériade *, lequel ne se fit aucun scrupule de manger le pain d'un homme qu'il avait sûrement plus d'une fois accusé de trahison. Agrippa fut décoré des ornements de la préture ', et reçut de l'empereur une augmentation de fiefs du côté de l'Hermon*.
Ses sœurs, Drusille et Bérénice, vivaient également à Rome. Bérénice', malgré son âge déjà mûr, exerçait sur le cœur de Titus un tel empire, qu'elle avait la prétention de l'épouser et que Titus le lui avait, dit-on, promis; il n'était arrêté que par des considérations politiques ^ Bérénice habitait le palais et, elle si pieuse, vivait publiquement avec le destructeur de sa patrie \ La jalousie de Titus était
coinage, p. 121-433; Eckbel, III, 493 etsuiv.;do Saulcy, dans les Mém, de la soc. franc, de num. eld'arch., 1869, p. 26 et suiv.; le môme, Nutnism. de la terre sainte, p. 315, 316.