Irénée, I, xxv
156 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 130J
Le christianisme pur n'a laissé aucun objet matériel; la première archéologie chrétienne est gnostique^ La vie, dans ces petites sectes libres et inventives, se montrait désordonnée mais puissante. Leur métaphysique elle-même s'imposa dans une large mesure; la foi fut obligée de se faire raisonneuse. A côté de l'église, il y eut désormais l'école; à côté de l'ancien, il y eut le docteur.
Quelques hommes de rare talent, d'ailleurs, se faisant les organes de ces doctrines jusque-là sans autorité, les tirèrent de l'état de spéculations individuelles où elles auraient pu rester indéfiniment, et les élevèrent à la hauteur d'un véritable événement dans l'histoire de l'humanité ^
1 . Matter, Hist. crit, du gnost., II, p. 489 et suiv., et planches; Garrucci, Dissert, archeol., vol. II, p. 73.
2. Pour la chronologie de ces sectaires, voir Clém. d'Alex. Strom., VII, 47. Cf. Pseudo-Tertullien (Hippolyte?), Prœscr.j. c. 48. La gnose combattue dans les épltres à Tite et à Timothée est la première gnose antérieure à Yalenlin et à Basilide. Elle se présente aux yeux de Tauteur comme essentiellement judaïque (essénienne), I Tim., i, 4^ 7, 47; ii, 5; iv, 3, 4; vi, 6; II Tim., II, 48; m, 4-7; Tit., i, 40, 44, 44, 45; ii, 43; m, 9. 11 en faut dire autant de la gnose combattue dans l'Épître aux Colossiens.