BASILIDE, VALENTIN , SATURNIN, CARPOCRATE
BasilideS qui semble être venu de Syrie demeurer en basse Egypte, à Alexandrie et dans les nomes environnants, fut le premier de ces dogmatiseurs étranges, auxquels on hésite par moments à donner le nom de chrétiens. Il fut, dit-on, disciple de
4. Justin, Dial.j 35; Hégésippe, dans Eus., //. E,, IV, xxu^ 5; Irénée, I, ch. 22, 23, 24; Canon de Muratori, ligne 83; Clément d'Alex., Strom.j I, 21 ; II, 3, 20; III, 4 ; IV, 42, 25, 26; VI, 6; VII, 47; Eœcerpta ex Theod,, parmi les ouvr. de Clém. d'Alex.; Tertull., Prœscr*, 46 (appendice, qui paraît être un opuscule d*Hippolyte) ; Origène, In Jer., hom. x, 5; In Matth, comment, séries, 28; In Luc., hom. i; Philosopha, VII, 20-27; X, 44; saint Cyprien, Epist. 75; Eusèbe^ H, E., IV, 7; Chron,, ann. 133; Épiphane, xxiii, 4, 7, et xxiv; xxv, 4; xxvi, 2^, xxxii, 3, 4; saint Jérôme, In Lucif„S; In Matth,, proi.; In Tit., prol. ; Epist. 53 (29); In Jov., II, sub fin. ; De viris ilL, c. 24 ; Contra Vigil., 2; Théodoret, Hœret. fab., I, 2, 4; Dispute d*ArchelaUs, dans Zacagni, Collectanea monum, vet., p. 401; Philastre, c. 32 ; Pseudo-Augustin, De hœr.y 4.
15B ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 130]
Ménandre, et paraît avoir eu deux enseignements : l'un, destiné aux initiés, se tenait dans les régions d'une métaphysique abstraite, plus analogue à celle d'Aristote qu'à la doctrine de Christ*; l'autre était une sorte de mythologie, fondée, comme la cabbale juive, sur des abstractions prises pour des réalités. La métaphysique de Basilide, par sa grandeur maladive, rappelle celle de Hegel. Elle devait beaucoup à la cosmologie stoïcienne. La vie universelle est le développement d'une panspermie; de même que la semence contient le tronc, les racines, les fleurs, les fruits de la plante future, de même le devenir de l'univers n'est qu'une évolution. La filiation* est le secret de toute chose; l'espèce est fille du genre et n'en est que l'épanouissement. La somme des aspirations des créatures s'exerce dans le sens du bien. Le progrès s'opère par « l'esprit limitrophe ^ » , qui,
1. Philos.^ VII, 44. Les Philosophumena (livre VU) sont presque le seul document qui nous ait conservé cet enseignement. Quelques membres épars s'en retrouvent pourtant dans Clément d'Alexandrie. L'auteur des Philosophumena a sans doute fait cette analyse sur les ouvrages originaux de Basilide. On ne saurait ni repousser son témoignage, ni s'en servir pour réduire à néant ce qu'Irénée, Épiphane et les autres Pères de l'Église, Clément d'Alexandrie lui-même, nous disent des mythes religieux de Basilide.