‹ L'Antechrist (volume 5)Chapitre 110 sur 373 · TertuUien, /. c · texte numérisé non relu

TertuUien, /. c

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ï^el faire accepter du peuple, il conformait ses discours ^f à ceux de l'Église; mais les évêques étaient en S^rde et l'excluaient. Les simples fidèles se laissaient prendre ; ils murmuraient même de ce que les évêçues chassaient de la communion de si bons catho- 'i?ues\ Sympathie inutile ! car déjà Tépiscopat avait enserré l'Église de toutes parts. Valentin restait ainsi à r état de prétendant malheureux au ministère pastorcLl. Il écrivit des lettres, des homélies, des hymnes du 11 ton moral élevé. Les morceaux conservés de Juî ^ ont de la force et de l'éclat; mais la phraséo- '<^Sle en est bizarre ^ Cela ressemble à la manie qix** avaient les saint-simoniens de bâtir de grandes 11>^ tories en langage abstrait pour exprimer des réei^lités presque mesquines; son système général ï^^ Savait pas cette apparence de bon sens qui fait ^'^ussir dans la foule. L'Évangile prétendu de Jean, ^"V^ec ses combinaisons beaucoup plus simples de ^<^gos et de Paraclet, était appelé à de bien autres ^viiccès.

1. Irénée, I, proœm.; III, 15, 19; lY, proœm,; Tertullien, In

2. Clément d'Alexandrie, Slrom,, II, 8, 20; UI, 7; IV, 13. Les questions critiques relatives à la Pistis Sophia seront traitées dans notre VII« livre.

3. Voir surtout le fragment dans Glém. d'Alex., Strom., IV, 1 3.

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Valentin part, comme tous les gnostiques, d'une métaphysique dont le principe fondamental est que Dieu se manifeste par des émanations successives, dont le monde est la plus humble. Le monde est une œuvre trop imparfaite pour un ouvrier infini ; c'est la copie misérable d'un modèle divin. Au commencement est TAbîme {Bythos) inaccessible, insondable, nommé aussi Proarcké, Propator. Le Silence (Sigé) est son éternelle compagne. Après des siècles de solitude et de contemplation muette de son être, TAbîme veut enfin se produire au dehors et engendre de sa compagne un premier couple, une syzygie^ Nous ou Monogénès et AUthia (Vérité) ; ceux-ci engendrent Logos et Zoé^ qui engendrent à leur tour Anthropos et Ecc lesta *. Avec le couple primordial, ces trois syzygies forment l'ogdoade et, avec d'autres syzygies émanées de Logos et Zoé^ d' Anthropos et Ecclesia^, le plérome divin, la plénitude de la divinité, désormais consciente d'elle-même ^ Ces couples déchoient de la perfection à mesure qu'ils s'éloignent de la source première ; en même temps, l'amour de la perfection, le regret,

4. Comparez la triade hermétique : « Dieu, le monde et Tbomme. » A$clepios, 6.

2. Voir ci-dessus, p. 55-57, la façon dont tous ces termes sont groupés dans rÉvangile dit de Jean.

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le désir de revenir à leur principe s'éveillent en eux. Sophia surtout fait une tentative hardie pour embrasser Bythoi invisible, qui ne se révèle que par son Mono-* gène (fils unique). Elle va s'exténuant, s'étendant sans cesse pour embrasser l'invisible ; entraînée par la douceur de son amour, elle est sur le point d'être absorbée en Bythoi, d'être anéantie. Le plérome tout entier est dans la confusion. Pour rétablir l'harmonie. Nous ou Monogène engendre Christos et Pneuma, qui pacifient les éons et font régner entre eux l'égalité. Alors, par reconnaissance pour Bythos^ qui les a pacifiés, les éons mettent en commun ce qu'ils ont de plus parfait, et en forment l'éon Jésus, le premier-né de la création, comme Monogène avait été le premier-né de l'émanation. Jésus devient ainsi dans le monde inférieur ce que Chrislos avait été dans le plérome divin.

Par suite des ardeurs de sa passion insensée, Sophia avait produit à elle seule une sorte d'avorton hermaphrodite et sans conscience, Hakamoth S appelée aussi Sophia Prunicos ou Prunice. qui, chassée du plérome, s'agitait dans le vide et la nuit. Touché de pitié pour cet être malheureux^ Christos, appuyé sur Slavros (la croix), lui vient en aide, donne h l'éon

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