‹ L'Antechrist (volume 5)Chapitre 113 sur 373 · V. les Apôtres, p. 36, note · texte numérisé non relu

V. les Apôtres, p. 36, note

3. Justin, Otfl/., 35; Hégésippe, dans Eus., //. E., IV, xxii, 5; Irénée, I, xxiii, xxviii, \\ PhUosophumena, VH, 3, 28; TerluUien, Prœscr., 46; Eusèbe, H. E,, IV, 7; Épiphane, xxni; Théodoret, I, 2. Pseudo-Augustin, hœr. 3.

4. Cette seconde forme est commune dans les inscriptions. Arch, des miss., 3« série, IH, p. 236.

5. Épiph., xxïii, 4 ; xxiv, 1. Il faut se défier ici du parti pris par les Pères de faire sortir tout le gnosticisme de Simon le Magicien*

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ces confins qu'est né le. monde, œuvre des sept derniers éons ou démiurges, égarés sur les terres de Satan. Ces éons (Jéhovah est l'un d'eux) se partagent le gouvernement de leur œuvre et s'approprient chacun une planète. Ils ne connaissent pas l'inaccessible Bythos; mais Bythos leur est favorable, se révèle à eux par un rayon de sa beauté, puis se cache à leur admiration. L'image divine les hante sans cesse, et c'est d'après cette image qu'ils créent l'homme.

L'homme sorti de la main des démiurges n'était que matière. Il rampait à terre comme un ver et n'avait point de part à l'intelligence. Une étincelle venue du plérome lui porte la vraie vie. Il pense, il se dresse sur ses pieds. Satan alors est rempli de colère, et ne songe qu'à opposer à cet homme régénéré, œuvre mixte des démiurges et de Dieu, un homme sorti de lui tout entier. A côté de l'humanité divine, il y a désormais l'humanité satanique. Pour comble de malheur, les démiurges se révoltent contre Dieu, et séparent la création du principe supérieur où elle doit puiser la vie. L'étincelle divine ne circule plus du plérome à l'humanité, de l'humanité au plérome. L'homme est voué au mal et à l'erreur. Christ le sauve, en supprimant l'action du dieu des Juifs; mais a lutte des hommes du bien et des hommes du mal

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continue. Les hommes du bien sont les gnostiques ; l'âme est tout en eux, et, par conséquent, ils vivent éternellement. Le corps, au contraire, ne saurait ressusciter ; il est condamné à périr. Ce qui propage le corps propage l'empire de Satan ; le mariage, par conséquent, est une œuvre mauvaise. Il affaiblit le principe divin dans l'homme, en subdivisant ce principe à l'infini.

Toutes ces sectes, on le voit, se trouvaient dans une égale incapacité de donner à la morale une assise sérieuse. Elles évitaient même difficilement recueil des débauches secrètes et les accusations d'infamie. Sur ce terrain glissant, Alexandrie ne sut pas s'arrêter. Il était dans la destinée de cette ville extraordinaire de voir, à son époque la plus brillante, toutes les maladies du temps éclater dans son sein avec toute leur énergie. Carpocrate y tira les conséquences d'une philosophie malsaine, qui portait dans tous les ordres les exagérations d'un supernaturalisme intempérant, ballottait l'homme de l'ascétisme à l'immoralité, le laissant rarement dans le juste

milieu de la raison. Carpocrate et son fils Épiphane ^

1. Hégésippe, dans Eus., IV, xxii, 5; Origène, Contre Celse, V, 62; Irénée, î, 6, 23, 28; Glém. d*Alex., Strom., IIÏ, 2, 4; Tertullien, De anima, 23, 35; Prœscr., 48; Philosop/iumena, VI!, 32; Eusèbe, H. E., IV, vu, 9 (cf. II, xiii, 7); Épiphane,

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ne reculèrent devant aucun des excès du mysticisme sensuel, proclamant l'indifférence des actes, la communauté des femmes, la sainteté de toutes les perversions, comme des manières de délivrer l'esprit de la chair. Cette délivrance de l'homme spirituel, qui arrache l'àme aux méchants démiurges pour la réunir au Dieu suprême, a été l'œuvre des sages, Pythagore, Platon, Aristote, Jésus, etc. On adorait les statues de ces sages, on les couronnait, on leur offrait de l'encens, même des sacrifices. Jésus, fils de Joseph, avait été, selon Carpocrate, l'homme le plus juste de son temps. Après avoir pratiqué le judaïsme, il en reconnut la vanité, et c'est par cet acte de dédain qu'il mérita la délivrance. Il n'est nullement interdit d'aspirer à l'égaler et même à le surpasser en sainteté. Sa résurrection est une impossibilité ; son âme seule a été reçue au ciel ; son corps est resté sur la terre. Les apôtres Pierre, Paul et les autres ne furent pas inférieurs à Jésus. Mais, si on pouvait arriver à un plus parfait mépris pour le monde des démiurges, c'est-à-dire pour la réalité, on les surpasserait. Ce pouvoir, les carpocratiens prétendaient l'exercer par des opérations magiques, des philtres, des maléfices. Il est clair que ce n'étaient

XXVI, 2, 3; XXVII ; xxx, 14; xxxii, 3; Théodoret, I, 5; Philastre. 35; Pseudo-Aug., haer. vu.

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pas là de vrais membres de l'Eglise de Jésus. Ces sectaires se donnaient néanmoins le nom de chrétiens, et les orthodoxes en étaient désolés*. Il se passait, en effet, dans leurs conventicules, des abominations du genre de celles que les calomniateurs des chrétiens reprochaient aux fidèles, et cette usurpation de nom servait à enraciner dans la foule les plus déplorables préjugés \

Loin de montrer la moindre complaisance envers ces coupables mystères % l'Eglise n'avait pour eux que de l'horreur. Elle y appliqua les plus forts anathènies qu'elle put trouver dans ses textes sacrés. On se rappela ce qui est dit contre les nicolaïles au début de l'Apocalypse*. Le nom de nicolaïtes, dans l'intention du voyant de Patmos, désigne probablement les partisans de saint Paul; en tout cas, une telle désignation n'a rien de commun avec le diacre Nicolas, l'un des Sept de l'Eglise primitive de Jérusalem, Mais cette fausse identification s'accrédita de bonne heure. On mit sur le compte du pré-

4. Justin, Âpol, I, 4, SI6; DiaL, 35. Justin, sans affirmer leurs infaoïies, n*est pas fâché d'y laisser croire : où 7iv«(wcp,6v.

2. Irénée, Clément, Eusèbe, Èpiphane, l. c. Cf. Justin, ApoL /, 26, 27; Terlullien, Apol., 7; Minucius Félix, Ocl,, 9 et suiv. ; Eusèbe, H. E., IV, vu; V, i, U.

3. I Tim., 1, 7; iv, 3. — I Tim.,iv,4-6, semble viser Saturnin

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