Talm. de Bab., Sota, 4J b; Bereschilh rabba, c
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Les chrétiens résistèrent encore mieux à la tentation. Bien que la révolte pût flatter les passions de quelques-uns d'entre eux contre l'empire romain, une défiance instinctive à l'égard de tout ce qui venait du fanatique Israël les arrêta sur la pente dangereuse. Le parti des chrétiens était déjà pris. La forme de leur résistance à l'empire était non la révolte, mais le martyre. Ils étaient assez nombreux en Judée; à la différence des Juifs orthodoxes, ils pouvaient même se permettre d'habiter dans ^lia. Natm'ellement les Juifs cherchèrent à entraîner ces quasi- compatriotes ; mais les disciples de Jésus étaient déjà bien loin de la politique terrestre. Jésus avait enterré pour toujours les espérances d'un patriotisme et d'un messianisme matériels. Le règne d'Adrien était loin d'être défavorable aux Églises. Elles ne bougèrent pas^ Il se trouva même des voix pour prédire aux Juifs les conséquences de leur obstination et l'extermination qui les attendait-.
Toutes les révoltes juives s'étaient rattachées plus ou moins à des espérances messianiques; mais jamais on n'avait encore vu un personnage se donner pour
1. Justin, ApoL 1, 31 ; Eusèbe, Chron., à Tannée 47 d'Adrien; Oro?e, VII, 13.
±. Kx9â;;ep :tcu Aal waô tcù ttoXsixou auToT; irpci^eixOv). DiOD Cassiu5, LXIX, 14.
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le Messie. C'est ce qu'on vit cette fois. Sans doute sous l'influence des idées chrétiennes, et à l'imitation de Jésus, un personnage se donna pour l'envoyé céleste tant attendu, et réussit à séduire le peuple. L'histoire de cet étrange épisode ne nous apparaît qu'à travers une pénombre. Les Juifs, qui seuls auraient pu nous dire quels furent la pensée intime et le mobile secret des agitateurs, ne nous ont livré à cet égard que des images confuses, comme les souvenirs d'un homme qui a traversé la démence. Il n'y avait plus de Josèphe. Barcochébas, pomme l'appellent les chrétiens, reste un problème insoluble et sur lequel l'imagination elle-même ne peut s'exercer avec aucune chance de toucher la vérité.
Le nom de son père ou de l'endroit où il était né * était Coziba, et on ne l'appelait jamais que « le fils de Coziba » {Bar ou Ben-Coziba^) . Son vrai nom propre est inconnu ^ Peut-être ses partisans furentils amenés à dissimuler exprès son nom et celui de sa
4 . M. Derenbourg croit qu'il s'agit d'Ecdippa. MéL de V École des hautes études, 4878, p. 457 et suiv.
2. Les livres talmudiques l'appellent toujours ainsi, ce qui suffit pour écarter Tidée que le nom de Bar-Coziba ait été inventé cjuime un sobriquet malveillant.
3. C'est par suite de fausses hypothèses numismatiques qu'on a prétendu qu'il s'appelait Siméon. V. l'appendice i, à la fin du volume.
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famille, dans l'intérêt de son rôle messianique. Il était, ce semble, neveu de R. Éléazar de Modin, agadisle de grande renommée, qui avait beaucoup vécu avec R. Gamaliel II et ses compagnons*. On se demande si les souvenirs des Macchabées, encore vivants à Modin et consacrés par un superbe monument, n'excitèrent point ch<et Bar-Cozîba l'héroïsme patriotique. Son courage paraît devoir être mis hors de doute ; mais la pénurie de renseignements historiques ne permet pas d'en dire davantage. Y eut-il chez lui du sérieux, de Tenlhousiasme religieux, du fanatisme? Fut-il un messîaniste attardé mais sincère ? Ou bien ne faut-il voir en ce personnage équivoque qu'un charlatan, un imitateur à contre-sens de Jésus, un grossier imposteur, un scélérat même, comme le veulent Eusèbe * et saint Jérôme'? Nous l'ignorons. La seule circonstance qu'on puisse faire valoir en sa faveur, c'est qu'il obtint l'adhésion du principal docteur juif de l'époque, de celui qui, par ses habitudes d'esprit, devait être le plus éloigné des chimères d'un imposteur : nous voulons pïirler de Rabbi Aquiba.