Henzen, n^ 5457; Borghesi, Œuvr,, VIII, p
2. V. Mission de Phéniciej p. 800-802 ; Itinéraire de Bordeaux , p. 20, Tobler.
3. Saint Jérôme, /^i /erew., xxxi, 15; In Zach., xi, 8; Chron. d'Alex. , à Tan 11 9 ; Eusèbe, Démonstr. évang.^Y, 9 ; Sozom. , //. E., II, 4.
(An 134] L'ÉGLISE CHRÉTIENNE. 211
Kharouba* furent anéantis avec leurs partisans ^ Les souterrains de la Judée, cependant, contenaient encore une foule* de malheureux, qui n'osaient sortir, de peur de trouver la mort. Leur vie était horrible; chaque bruit insolite leur paraissait l'approche de l'ennemi; affolés, ils se précipitaient et s'écrasaient alors les uns les autres. Ils n'avaient pour apaiser leur faim que les cadavres de leurs proches, et ils en mangeaient ^ II semble que l'autorité romaine empêcha dans certains cas l'enterrement des cadavres, pour rendre l'impression du châtiment encore plus forte*. La Judée était comme un vaste charnier. Les malheureux qui réussissaient à gagner le désert s'estimaient favorisés de Dieu.
Certes, tous n'avaient pas mérité ces châtiments sévères ^ Cette fois, comme il arrive trop souvent, les
\ . Probablemeat l'Oryba de Josèphe, Ant., XIV, i, 4, du côté de TÂrabie.
2. Talm. de Jér., Taanith, iv, 8; Midrasch Eka, ii, 2, p. 71 c.
3. Talm. deBab., Schabbath, 60 a; Talm. de iér.^Schabbalh, VI, 2, fol. 8 a; Midrasch Eka, i,.15.
4. Talm. de Jérus., Taanilh, iv, 8, fol. 69 a; Talm. de Bao., BerakolhjiS b; Toanith, 31 a; Midrasch Eka^i, 13, ii, 2. Comp. Denys de Telmahar, C/iron., édit. Tullberg, p. 153; Graetz, IV, p. 479 et suiv., 465 et suiv. C'est à tort qu'on fait ici le rapprochement du livre de Tobie. Voir ci-après, appendice ii, à la lin du volume.
5. Les récils talmudiques sont loin d'être favorables à Bar- Coziba. Talm. de Bab., GiUin, 57
212 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 134]
sages payèrent pour les fous. Une nation est une solidarité ; l'individu qui n'a contribué en rien aux fautes de ses compatriotes, qui même en a gémi, n'en est pas moins puni que les autres. Le premier devoir d'une communauté est de tenir en bride ses éléments absurdes. Or la pensée de se retirer de la grande confédération méditerranéenne que Rome avait créée était l'absurdité même. Autant le juif doux et pacifique, qui ne demandait que la liberté de méditer sur la Loi, est digne des sympathies de l'histoire, autant nos principes nous obligent à être sévères pour un Bar-Coziba, précipitant sa patrie dans un abîme de maux, pour un Aquiba, appuyant de son autorité les folies populaires. Le respect est dû à quiconque verse son sang pour une cause qu'il croit bonne ; mais l'approbation ne lui est pas due pour cela. Les fanatiques d'Israël ne combattaient pas pour la liberté; ils combattaient pour la théocratie, pour la liberté de vexer les païens, d'exterminer tout ce qui leur semblait le mal*. L'idéal qu'ils poursuivaient eût été un état insupportable, analogue pour Tintolérance à la triste époque asmonéenne; c'eût été le règne des zélotes, radicaux de la pire espèce; c'eût été le massacre des infidèles, la terreur. Tous