Dial.j 8. Cf. Méliton, dans Eusèbe, IV, xxvi, 7 ; iËlius
271 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 135]
L'attrait que Rome exerçait sur tous les sectaires se fit sentir à Justin. Peu après sa conversion, il partit pour la capitale du monde S et c'est là qu'il composera ces Apologies qui, à côté de celles de Quadratus et d'Aristide, furent la première manifestation du christianisme aux yeux du public initié à la philosophie. Son antipathie contre les juifs, allumée par le souvenir récent des violences de Bar-Coziba-, lui inspirera un autre écrit, d'une exégèse aussi singulière que celle d'Ariston de Pella, et où l'erreur et l'injustice seront poussées peut-être encore plus loin.
Les rôles étaient, en effet, intervertis. Les païens, entrant en foule dans l'Eglise, y devenaient les plus nombreux. Les deux grandes attaches du culte nouveau avec le judaïsme, la pâque et le sabbat, étaient en train de se relâcher chaque jour. Tandis que, à l'époque de saint Paul, le chrétien qui n'observait pas la loi de Moïse était toléré à grand'peine, obligé à toute sorte de concessions humiliantes, c'est maintenant le chrétien judaïsant qu'on veut bien ne pas
Aristide, à la fin de son traité contre Platon, parle des chrétiens sous le nom de « philosophes ». 0pp., II, p. 413, Dindorf. Cf. Lucien, Peregr,, 14, 43; Sozomène, III, eh. 16, surtout vers la fin; saint Augustin, De civil. Dei, XIX, 49.