Hilg., op. ciL, 39-42. Cf. les Évangiles /\h\à
%. Épiph., XXVI, 42. Justin et le rédacteur de Tépître des fidèles de Lyon et de Vienne semblent avoir connu cet ouvrage. V. ci-après, p. 508 et suiv.
3. Glém.d*Alex., Slr(yn%,,\\\^ 46. Cf. Prolév. de Jacques, i9, 20; Pseudo-Matthieu, 43; Décret de Gelase, ch. vi,
[An 140] L'ÉGLISE CHRÉTIENNE. 345
on voulait, selon certaines idées juives, qui se retrouvent dans la légende agadique d'Abraham ^ qu'il fût né dans une caverne*. On cherchait à faire servir à quelque chose le voyage en Egypte, et, comme l'Egypte était le pays où les idoles étaient le plus multipliées, on supposa que la vue seule de l'enfant exilé suffit pour faire tomber la face contre terre toutes les statues profanes ^ On savait avec précision le métier qu'exerça Jésus; il faisait des charrues, des attelages*. On prétendait connaître le nom de rhémorrhoïsse guérie (Bérénice ou Véronique), et CD montrait les statues que, dans sa reconnaissance, elle avait élevées à Jésus ^
\. Béer, Lehen Abrahams (Leipz., 4859), p. 2 et suiv. ; Nicolas, Evang. apocr., p. 54-55.
2. Justin, DiaL, 70 et 78; Oiigène, Contre Celse, T, 54 ; Eusèbe, Dëmonst, ëvang.^ IH, 2; Vita Const., HT, 40; Cf. Protévangile de Jacques j ch. 48 et suiv.; Pseudo-Matthieu, 43, 44; Tischendorf, Evang, apocr, j p. xxxviii ; Histoire de Joseph le charp., ch. 7; Évangile de l'enfance, ch. 2. Cette imagination fut universellement adoptée. Cf. Vogué, Les églises de T. S,j p. 50-54.
3. Eusèbe, Démonst. evang,, VI, 20; IX, 2; saint Athanase, De incam, Verbi, 0pp., 1. 1, p. 89; Sozom., V, 24 ; Thilo, Cad. apocr,, p. XXXVII ; Tischendorf,. £Dan^. apocr., p. l, note; lu, note 2 et 3; Pseudo-Matthieu, ch. 23.
4. Justin, DiaL, 88; Évangile de Thomas, 43; Évangile de Venf,, 38, 39. Comp. Acta sancti Thomœ, 3.
5. Eusèbe, H. E., VII, ch. 48; Macarius Magnés, dans Pitra, Spicil, I, p. 332-333 ; dans Blondel, p. 4 ; Malala, X, p. 237,
3i6 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 140]
Le désir de trouver des arguments que les païens ne pussent récuser * produisit quelques fraudes pieuses, dont le succès fut rapide dans le monde peu difficile qu'il s'agissait de frapper. La sibylle monothéiste d'Alexandrie, qui depuis des siècles ne cessait d'annoncer la ruine de l'idolâtrie, se faisait de plus en plus chrétienne*. L'autorité qu'on lui accordait était de premier ordre. Sans cesse les anciennes collections sibyllines se grossissaient d'additions, où l'on ne se donnait aucune peine pour sauver la vraisemblance. Les païens s'indignaient de ce qu'ils considé^raient comme des interpolations de vieux livres respectables. Les chrétiens leur répondaient avec plus de malice que de justesse : « Montrez-nous de vieux exemplaires oii ces passages ne se trouvent
Bonn; Gesla Pilati A, ch. 7, dans quelques mss.; Nicéphore, Anlirrhet., p. 472 (Pitra); Jean Danoiascène, 0pp., I, p. 368, Lequien. Sur la confusion de Bérénice et de Prunice, voyez ci-dessus, p. 172, note; voir aussi Garrucci, Sloria delV arle crisL, t. III, p. 9 (dichiar. delle tav., t. ii).
4. La foi en la Sibylle était universelle,. Spartien, Adrien, 2
2. Pasteur d'Hermas, Vis. ii, Ix ; Cérygme de Pierre, dan==- Clém. d'Alex., Strom., VI, 5; Justin, ApoL I; 20, 44; Clémen . d'Alexandrie, Tertullien, Lactance, fréquentes citations ; Pseud Justin, Cohort, adGrœc, 16, 37, 38; Tatien, 41 ; Athénagore, 30-^ Méliton, De verilate, Cur., p. 43 ; Quœst, et resp. ad orlhod,, 7 — à la suite de Justin; Gelse, dans Orig., Contre Celse, V, 61; V 53, 56; Théoph., ad Autol.,U, 3, 9, 31, 36, 38. Chez les gn tiques, Philos., V, 16.
pas ^ » Les gens d'esprit se moquaient également 4es sibylles païennes et chrétiennes et les parodiaient ^vec esprit *, si bien qu'Origène, par exemple, ne se sert jamais de ces arguments dépréciés.
On joignait à ces oracles ceux d*un certain Hystaspe, sous le nom duquel couraient chez les païens de prétendus livres sur les mystères de laChaldée^ On lui faisait annoncer le Christ, les catastrophes apocalyptiques, la fin du monde par le feu, avec une assurance qui supposait chez ceux à qui Ton s'adressait une extrême crédulité *
Vers le même temps, purent être fabriquées les pièces supposées officielles de l'administration de Ponce Pilate, relatives à Jésus. C'était une grande force, dans la controverse avec les païens et avec les juifs, que de pouvoir faire appel à de prétendus rapports contenus dans les archives de l'Etat. Telle fut l'origine de ces Actes de Pilate % qu'allèguent
\. Origène, Contre Celse, V, 61; VII, 53, 56.