‹ L'Antechrist (volume 5)Chapitre 226 sur 373 · TertuUien, In Marc, IV, 4; Prœscr · texte numérisé non relu

TertuUien, In Marc, IV, 4; Prœscr

2. Irénée, I, xxvii, 2; III, iv, 3; Philosopha, VJI, 40, 39; X, 49; Tert., Prœscr., c 54; saint Gyprien, Epist. 74; Eusèbe, H. E., IV, 44 ; Épiph., haer. xli, 4 ; Philastre, c. 45 ; Pseudo- Aug., haer. 22; Théodoret, I, 24.

354 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 143]

d'ajouter foi aux calomnies banales par lesquelles les écrivains ecclésiastiques essayent de montrer que tout chef de secte a obéi , en se séparant de la majorité des fidèles, aux motifs les plus bas *.

La théologie de Marcion ne différait de celle des gnostiques d'Egypte et de Syrie que par sa simplicité. La distinction du Dieu bon et du Dieu juste, du Dieu invisible et du démiurge, du Dieu des juifs et du Dieu des chrétiens formait la base du système*. La matière était le mal éternel. L'ancienne loi, œuvre de Jéhovah, œuvre essentiellement matérielle, intéressée, sévère, cruelle, manquant d'amour , n'avait qu'un but : c'était d'assujettir les autres peuples , Egyptiens, Chananéens, etc., au peuple de Jéhovah; or elle ne réussit pas même à faire le bonheur de ce peuple, puisque Jéhovah était obhgé de le consoler sans cesse par la promesse de lui envoyer son fils. On eût vainement attendu ce salut par Jéhova.h , si le Dieu suprême, bon et invisible, étranger jusquelà au monde % n'eût envoyé son fils Jésus, c'est-àdire la douceur même, sous la forme apparente d'un

i. Mêmes fables sur Apelle. Tertullien, Prœscr,, 30.

2. Comp. Dial, de recta in Deum fide, dans Origène, 0pp. Delarue, T, p. 817 et suiv.

3. Saint Ephrem, Hymnes xli, xlviii, xlix; Hahn, Bardesanes, p. 65-66 ; Hilgenfeld, Bard,, p. 49-50.

[An 143] L'ÉGLISE CHRÉ TIENNE. 355

hommes pour combattre l'influence du démiurge et introduire la loi de charité. Les juifs auront leur Messie, fils de leur Dieu, c'est-à-dire du Dieu démiurge. Jésus n'est nullement ce Messie; sa mission a été,^ au contraire, d'abolir la Loi, les prophètes et généralement toutes les œuvres du démiurge ; mais ses disciples l'ont mal compris ; Paul seul a été un vrai apôtre *. Marcion se donnait pour tâche de retrouver là pensée de Jésus, oblitérée et maladroitement ramenée au judaïsme par ceux qui étaient venus après lui.

C'était déjà le manichéisme, avec ses dangereuses antithèses, qui faisait son apparition dans le champ des croyances chrétiennes. Marcion suppose deux dieux, l'un bon et doux, l'autre sévère et cruel. La condamnation absolue de la chair l'amenait à envisager la continuation de l'espèce humaine comme ne servant qu'à prolonger le règne du mauvais démiurge ; il blâmait le mariage et n'admettait pas au baptême les gens mariés. Nulle secte ne poussait davantage au martyre, et ne compta, proportion gardée, plus de confesseurs de la foi ^ Le martyre

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