‹ L'Antechrist (volume 5)Chapitre 232 sur 373 · Eus., H, E,, IV, 11; saint Jér., De viris ill.j c · texte numérisé non relu

Eus., H, E,, IV, 11; saint Jér., De viris ill.j c

366 ORIGINES DU CHRISTIANISME. [An 149]

et de s'arrêter à temps, de façon à n'être qu'à moitié absurde. Son traité, général contre les hérésies, ses écrits particuliers contre les valentîniens et les marcionites se sont perdus * ; mais ses ouvrages pour la défense générale du christianisme eurent parmi les fidèles un succès extraordinaire * ; on les copia, on les imita; Justin fut de la sorte le premier docteur chrétien, dans le sens classique du mot, dont les œuvres relativement complètes nous aient été conservées.

Justin, nous l'avons dit, était un esprit faible; mais c'était un noble et bon cœur. Sa grande démonstration du christianisme, c'était la persécution dont cette doctrine, à ses yeux toute bienfaisante, ne cessait d'être l'objet. Ce fait que les autres sectes, les juifs en particulier, n'étaient point poursuivis, la joie que montraient les chrétiens dans les supplices, la monstruosité de ces supplices, les calomnies répandues sur le compte des fidèles, le nombre des délateurs, la haine particulière que les princes du monde témoignaient envers la religion de Jésus, haine que Justin ne pouvait expliquer que par la

4. ApoL I, 26; Irénée, IV, vi, 2; V, xxvi, 2; Terlullien, lu VaL, ch. 5; Eus., H, E,, IV, xi, 10; xviii, 9; saint Jér., De viris ilL, ch. 23; Théodoret, 1, ch. 2; II, 2; Photius, Cod. cxxv. Cf.Lipsius, Die Quellen der œil. Ketzergeschichte (Leipzig, 1 873).

2 Irénée, I, xxviii, 1.

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rage des mauvais esprits S tout cela lui paraissait constituer en faveur de l'Eglise un signe éclatant de vérité divine *. Cette préoccupation lui inspira une démarche hardie, à laquelle il dut être encouragé par l'exemple antérieur de Quadratus et d'Aristide '. Ce fut de s'adresser à l'empereur Antcfftin et à ses deux associés, Marc-Aurèle et Lucius Verus, pour obtenir le redressement d'une situation qu'il jugeait avec raison inique et en contradiction avec les principes libéraux du gouvernement. La sagesse accomplie de l'empereur, les goûts philosophiques de l'un au moins de ses associés, Marc-Aurèle, âgé alors de vingt-neuf ans, lui donnaient l'espérance qu'une si grande injustice serait réparée. Telle fut l'occasion de la supplique éloquente * qui débute ainsi :

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