Apol. L 56. Cl. ApqL II
[An 150] L'ÉGLISE CHRÉTIENNE. 379
L'ardente conviction de Justin ne lui Isiissait point de repos. Il s'imaginait être responsable de toutes les erreurs qu'il ne combattait pas*. Les juifs qui persistaient à ne pas se faire chrétiens étaient l'objet perpétuel de ses préoccupations. Il écrivit contre eux, sous forme de dialogue*, peut-être à l'imitation d'Ariston de Pella, un ouvrage de polémique qui peut compter entre les plus curieux monuments littéraires du christianisme naissant.
Justin suppose que, dans son voyage de Syrie K Rome, vers le temps de la guerre de Bar-Coziba, retenu par un accident de navigation à Éphèse% il se promenait dans les allées du xyste, lorsqu'un inconnu, entouré d'un groupe de disciples, fut frappé de l'habit qu'il portait, et l'aborda en lui disant : « Salut, philosophe ! » Il lui apprit en même temps qu'un socratique dont il avait suivi les leçons à Argos lui avait dit de respecter toujours le manteau de philosophe et de tâcher de s'instruire auprès de ceux qui le portaient. La conversation s'engage sur un ton