‹ L'Antechrist (volume 5)Chapitre 245 sur 373 · Apol · texte numérisé non relu

Apol

2. Le Dialogue est sûrement postérieur à la première Apologie. Dial., 120 (cf. Apol. I, 26).

3. Dial,, 1 et 142. Cest Eusèbe (H. E,, IV, 18) qui nous apprend que la ville où a lieu la rencontre est Éphèse. Si la Cohortatio ad Grœcos est de Justin, il aurait aussi passé par Alexandrie (ch. 13).

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fort littéraire, et il se trouve que Tinconnu n*est autre que le célèbre rabbin Tryphon ou Tarphon *, qui a fui la Judée pour éviter la fureur de la guerre de Bar-Coziba, s'est réfugié en Grèce et demeure le plus souvent à Corinthe. On cause de Dieu, de la Providence, de l'immortalité de l'âme. Justin raconte comment, après avoir essayé de toutes les écoles et de tous les systèmes, il n'a rien trouvé de meilleur que d'adhérer au Christ. La controverse est vive alors. Justin accumule contre les juifs les plus sanglants reproches. Non contents d'avoir tué Jésus, ils ne cessent de persécuter les chrétiens. S'ils ne les tuent pas, c'est que le pouvoir les en empêche ; mais ils les accablent d'avanies, les chassent des synagogues, et, toutes les fois qu'ils le peuvent, les maltraitent, les assassinent^ les supplicient. Les préjugés que les païens ont contre le christianisme, ce sont les juifs qui les leur ont inspirés; ils sont plus coupables des persécutions que les païens mêmes qui les ordonnent. Ils ont envoyé de Jérusalem des hommes choisis pour répandre dans le monde entier les calomnies

1. Voir les Évangiles, p. 69 et suiv. Cf. Eusèbe, IV, 48. C'est là, du reste, une*simp]e fiction littéraire. Justin fait parler son docteur à sa guise. Les doctrines et la méthode du Tryphon de Justin n^ont rien de commun avec celles du Tarphon talmudique.

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dont on accable les chrétiens *. Ils ont fait pis : ils ont mutilé la Bible pour en retrancher les passages qui prouvaient la messianité et la divinité de Jésus *. Ils repoussent la traduction des Septante, uniquement parce qu'elle contient les preuves de cette même divinité '. Dans les controverses, ils jettent les hauts cris sur des arguties, sur de petits détails qu'ils ne comprennent pas, et refusent de voir la force de l'ensemble ^. L'impartialité nous oblige de dire que, si Justin était dans ses disputes orales tel que nous le voyons dans son livre (et malheureusement ce que nous savons de ses controverses avjec Crescent porte à le croire), les juifs avaient tout à fait raison de se plaindre de son inexactitude ^ On ne fut jamais plus faible interprète de l'Ancien Testament. Non-seulement Justin ne sait pas l'hébreu, mais il n'a aucun sen-

•I. Justin, mal., 16, 17, 108, 117, 133. Cf. ApoL I, 31, et Tertullien, Ad naliones, I, c. 14 (et credidit vulgus judaeo. Quod enim aliud genus seminarium est infamise nostrae?); Adv.Marc, IH,c. tZ\Adv, Jvd,, cl 3. La mort de Polycarpe, arrivée en 155, ne donna que trop raison à cette manière de présenter les choses. Voir ci-après, p. 458 et suiv. Comp. les Actes de saint Pione, dans Acla SS. febr,, J, p. 43.

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