‹ L'Antechrist (volume 5)Chapitre 263 sur 373 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

LE PléTISMB ROMAIN. — LE PASTEUR d'HERMAS.

Un livre eut en ce genre un succès durable, et servit pendant des siècles d'aliment à la piété chrétienne ^ Il eut pour auteur un frère de Plus, révêque de Rome. Ce personnage, qui sans doute occupait dans l'Eglise une place considérable, conçut

i . Texte capital dans le fragment de Muratori : Pastorem vero nuperrime temporibm nostris in urbe Roma Herma conscripsitj sedente cathedra urbis Romœ ecclesiœ Pio episcopo fratre ejtùs. El ideo legi eum quidem oportetj se publicare vero in ecclesia neqm inter pro fêtas, conpleto numéro j neque inter apostolos in finem temporum potest, Hesse, Murât. Fragm., . p. 263-273, S96-297. Le fragment de Muratori a dû être écrit (en grec) vers 170 ou 175, à Rome. Remarquez nuperrime temporibus nostris, Comp. Liber pontificalis. Pie I; Pseudo-Pius, £pist. i; Pseudo-Tertullien , In Marcionem (en vers), c. 3, vers 294-295. Ce récit ne peut être entièrement faux. Cependant, rintentioQ de rauteur du Pasteur ayant été de placer son roman du temps de saint Clément, on ne saurait admettre que Hermas soit le vrai nom du frère de Pius.

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le projet de frapper un grand coup, propre à réveiller les saints. 11 feignit une révélation qu'aurait eue, cinquante ou soixante ans auparavant, du temps de la persécution de Domitien, un certain Hermas, ancien de l'Église de Rome*. Clément, le garant de toutes les fraudes pieuses de l'ébionisme romain, couvrait le livre de son autorité, et était censé l'avoir adressé aux Eglises du monde entier *.

Hermas, enfant trouvé ou né dans l'esclavage, avait été vendu, par le propriétaire d'esclaves qui l'avait

4. Vis. II, 2, 4; Sim. x, 4. Voyez cepeodant Vis. m, 4. C'est arbitrairement qu'Origène {In Rom,j x, 34 ) et, après lui, Eusèbe (H, E., III, III, 6) et saint Jérôme {De viris ilL, 40) ont identifié notre Hermas avec l'HerraasdeRom., xvi, 44. Ce dernier était un Éphésien, non un Romain (voyez Saint Paulj p. lxv et suiv,). On pouvait l'ignorer vers l'an 450, époque où Tédition de saint Paul était déjà fixée comme nous Tavons ; mais cet Hermas n'avait rien qui le désignât pour le choix de notre pieux romancier. La qualification discipulus B. Pauli apostoli, que porte Hermas dans les manuscrits latins, vient de l'identification adoptée par Origène, Eusèbe et saint Jérôme.

2. Le Pasteur n'était connu autrefois que par une version latine, que des retouches successives avaient rendue très-infidèle. De nos jours, Dressel a trouvé au Vatican une version latine beaucoup moins altérée ; une traduction éthiopienne a été publiée par M. d'Abbadie (Leipzig, 4 860); enfin la presque totalité du texte grec a été découverte, d'abord dans les manuscrits sophistiqués de Simonidès, puis dans le Codex Sinaïticus, On peut se servir de rédition de M. Hilgenfeld (Leipzig, 4866) ou de MM. de Gebhardt et Harnack (Leipzig, 4877).

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nourri S à une dame romaine nommée Rhodé * . Il avait sans doute réussi à se racheter et à s'établir ; car, au début de l'ouvrage, il est sous le coup des chagrins que lui causent sa femme , ses enfants et aussi ses affaires, qui, par suite du désarroi de sa famille, vont très-mal ^ Ses fils avaient même commis le plus grand crime dont un chrétien pût se rendre coupable ; ils avaient blasphémé Christ, pour échapper aux poursuites, et dénoncé leurs parents * . Au milieu de ces

i . ô B^i^oLç p.8. Sur la condition du ôpeirro; ou alumnuSj voir Pline, Epist., X, 65 et 66.

2. Vis. I, 4. La version latine anciennement connue porte un texte en apparence plus satisfaisant, mais devenu insoutenable devant la leçon du Codex Sinaïticus, w^urpootev p.8 Pd^yj tivî, confirmée par la version latine nouvellement découverte, par Téthiopien (édition d'Abbadie, voir Joum. des Sav.j mars 4878, p. 4 56) et même par la leçon du manuscrit de Simonidès, TrÉTrpaxevat (ainsi accentué) xal é^dv Ttva, facile à ramener paléographiquement à celle du Sinaïticus (ai=m,k=e,i=p). La version latine anciennement connue offre des fautes et des traces de corrections qui lui laissent peu d'autorité contre l'accord du grec, de l'éthiopien et du latin de Dressel. Comparez, par exemple. Vis. n, 2 : oùîc wçeXKÎÔYiaav, Dress. : nihil sibi profueruntj vêtus lat. : profecerunt; Vis., ii, 3: MaÇijxcp, Dress.: maxima^ Vet. : magna; Vis., III, 4 : xpoviÇ«Ç> mânes j (mavis) vis; Mand., pr., 4 : ^epjxa, pelle, pallio; Sim. ix, 44 : èxô^tMo^^ ducebant choros, psalmos canebant; Sim. ix, 46: irveûptaxa TaûTa, spiritus istos, spiritus jtistos; Sim. ix, 30: inventi, juvenes (éth. inventi). Au contraire, Sim. IX, 26 : àwe'yvwxaoi, disponentes, desperantes,

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