‹ L'Antechrist (volume 5)Chapitre 292 sur 373 · Martyr. Polyc · texte numérisé non relu

Martyr. Polyc

[An 153] L'ÉGLISE CHRÉTIENNE. 439

cation. Un écho de la Galilée se faisait ainsi entendre, à cent vingt ans de distance, sur les bords d'une autre mer. II répétait sans cesse que c'étaient là des témoins oculaires, et que lui les avait vus. Il ne se faisait pas plus de difficulté que les évangélistes de prêter à ces presbyteri des maximes mieux adaptées au iv siècle qu'à répoque où ils étaient censés avoir vécu. A tant d'autres traditions obscures sur les origines du christianisme, une nouvelle source, plus trouble que les autres, vint de la sorte s'ajoutera

L'impression que produisait Polycarpe n'en était pas moins profonde. Longtemps après, ses disciples se rappelaient l'un à l'autre le banc où il s'asseyait, sa démarche, ses habitudes, les traits de son corps, sa façon de parler. Chacune de ses paroles, ils la gravaient dans leur cœur. Or, dans le cercle qui l'entourait, était un jeune Grec d'une quinzaine d'années % destiné à jouer un rôle de premier ordre dans l'histoire ecclésiastique; c'était cet Irénée' qui devait nous

\ . Voir les Presbyterorum reliquiœ, recueillies dans les œuvres d'Irénée par MM. de Gebhardt et Haruack, Patres aposLj I II, p. \ 05 et suiv. On y remarque des traces de polémique contre les gnostiques et Marcion.

%, liai; Iti âv.

3. Les indices pour mettre Irénée en rapport avec Papias sont très -faibles. Saint iévbm^y Epist. 29 (53), ad Theodoram, IV, 2« part., col. 581, Mart. Cf. Gebh. et Harn., Patres apost., I, ii,

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transmettre l'image souvent faussée, mais à quelques égards très-vivante, du dernier monde apostolique dont il avait vu en quelque sorte le soleil couchante Irénée était né chrétien, ce qui ne Tempêchait pas de fréquenter les écoles d'Asie, où il puisa une connaissance étendue des poètes et des philosophes profanes, surtout d'Homère et de Platon ^ Il avait pour ami d'enfance et pour condisciple, si Ton peut s'exprimer ainsi, autour du vieillard, un certain Florin, qui avait une charge de cour assez importante, et qui plus tard, à Rome, embrassa les idées gnostiques de Valentin. Polycarpe passait aux yeux de tous pour le type parfait de l'orthodoxie. Sa doctrine était le millénarisme matérialiste de la vieille école apostolique ^ Loin d'avoir rompu avec le judaïsme, il se conformait aux pratiques des judéo-chrétiens modérés ^. Il

p. 1 01 , 1 06, 1 1 3-1 1 4. Saint Jérôme, avec son inexactitude ordinaire, tire cette conclusion des citations de Papias qui sont dans Irénée.

1 . Certes Polycarpe et Irénée peuvent avoir exagéré rinnportance de leurs relations apostoliques, afin d'avoir un argument décisif à faire valoir contre les hérétiques (Irénée, III, m, 4). Nous ne croyons pas cependant que le fait de ces relations soit un mensonge inventé de toutes pièces. Voir l'Antéchrist, p. 567-568. Une des plus graves difficultés est la complète ignorance que montre Irénée du vrai sens des énigmes de T Apocalypse.

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