‹ L'Antechrist (volume 5)Chapitre 305 sur 373 · Voir · texte numérisé non relu

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4. Voir §§ 4, 4, 5, 6, 7, 49. Cest par erreur qu'Eusèbe(£^. -E-r IV, XV, 46-48) a rattaché au même temps les supplices de saint

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Légère, étoui'die, curieuse de bizarreries, l'Asie tourna ces tragédies en historiettes et eut la caricature du martyre. Vers ce temps, vivait un certain Peregrinus \, philosophe cynique, de Parium sur THellespont, qui s'appelait lui-même Prolée, et dont on vantait la facilité à prendre tous les visages, à courir toutes les aventures. Parmi ces aventures, on mit celle d'évêque et de martyr*. Après avoir débuté dans la vie par les crimes les plus affreux, par le parricide, il se fait chrétien, devient prêtre, scribe, prophète, thiasarque, chef de synagogue. Il interprète les livres sacrés, en compose lui-même ; il passe pour un oracle, pour une suprême autorité en fait de règles ecclésiastiques. On l'arrête pour ce délit % on l'enchaîne. C'est le commencement de son

Pione, du marcionite Métrodore et de quelques martyrs de Pergame. Tous ces supplices appartiennent au règne de Dèce. L'origine de son erreur vient certainement de ce que, dans son exemplaire, les actes de ces martyres faisaient suite à ceux du martyre de Polycarpe. Le Papias de Pergame de la Chronique d'Alexandrie (à Tan 463) est probablement Papylus de Pergame.

1. Aulu-Gelle, VIII, 3; XII, 11; Athénagore, Leg.^ 26; Taiien, Adv. Gr., 25; Tertullien, Ad 7nart., 4; Philoslrate, SopA.^ II, I, 33; Eusèbe, Chron., an 5 de Marc-Aurèle ; Ammieo Marcellin, XXIX, i, 39.

2. Lucien, De morte Peregr,, § 9 et suiv. Cf. le même, Adv, indoct.j 14. Nul doute que cette farce sacrilège prêtée à Peregrinus ne soit une fiction de Lucien.

3. ÈttI toutw, § 12. On peut supposer que, dans ce qui précède.

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apothéose. A partir de cette heure, il est adoré, on remue ciel et terre pour le faire échapper*; on en est aux petits soins avec lui. Le matin, à la porte de la prison, les veuves, les orphelins attendent pour le voir. Les notables obtiennent, à prix d'argent, de passer la nuit dans sa compagnie. C'est un va-etvient de tables, de festins sacrés ; on célèbre près de lui les mystères, on ne l'appelle que « cet excellent Peregrinus », on le qualifie de nouveau Socrate.

Tout cela se passe en Syrie. Ces esclandres publics sont la joie des chrétiens ; ils n'épargnent rien, en pareil cas, pour rendre la manifestation éclatante.

Voilà que, de toutes les villes d'Asie, arrivent des envoyés chargés de se mettre au service du confesseur et de le consoler. L'argent afflue autour de lui. Or il se trouve que le gouverneur de Syrie est un philosophe ; il pénètre le secret de la folie de notre homme, voit qu'il n'a qu'une idée, c'est de mourir pour rendre son nom célèbre, et le renvoie sans châtiment. Partout, dans ses voyages, Peregrinus nage dans l'abondance ; les chrétiens l'entourent et lui font une escorte d'honneur.

il y a une lacune, où pouvait se trouver le récit d'un méfait plus caractérisé. Bernays, Liician, p. 1 07-1 09.

\ . Comparez Ignace d'Antioche [les Évangiles, p. 489 et sùiv.) . Lucien parait avoir vu la collection des lettres ignatiennes.

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<( €es knbëciles, ajoute Lncien \ sont persuadés qu'ils sont absolament immortels, qu'ils vivront éternellement; ce cpn fait qu'ils méprisent la mort et que beaucoup d'entre eux s'y offrent d'eux-mêmes. Leur premier législateur leur a persuadé quMls sont tous frères les uns des autres, du moment que, reniant les dieux helléniques, ils adorent le crucifié, leur sophiste, et vivent selon ses lois. Ils n'ont donc que du dédain pour les biens terrestres, et ils les tiennent pour appartenant en commun à tous. Inutile de dire qu'il n'ont pas une raison sérieuse de croire tout cela. Si donc quelque imposteur, quelque homme rusé, capable de tirer parti de la situation, vient à eux, tout de suite, le voilà riche, et il rit au nez de ces nigauds. »

Peregrinus, à bout de ressources, cherche, par une mort théâtrale aux jeux olympiques*, à satisfaire l 'insatiable besoin qu'il a de faire parler de lui. Le suicide pompeux et voulu était, on le sait, le grand reproche que les philosophes sages adressaient aux chrétiens ^.

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