‹ L'Antechrist (volume 5)Chapitre 31 sur 373 · Denys de Cor., dans Eus., 77. £., IV · texte numérisé non relu

Denys de Cor., dans Eus., 77. £., IV

3. Aristide et Athénagore furent sûrement des philosophes niens. Quadratus fut aussi probablement d'Athènes.

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bets, le plus souvent aux respects des passants * . En embrassant le christianisme, les philosophes se gardaient de répudier leur nom et leur costume*. De là une catégorie de chrétiens inconnue jusque-là. Écrivains et parleurs de profession, ces philosophes convertis devenaient tout d'abord les docteurs et les polémistes de la secte. Initiés à la culture grecque, ilis avaient plus de dialectique et d'aptitude à la controverse que les prédicateurs purement apostoliques. Moment solennel, qui marque l'arrivée à la pleine conscience ! Le christianisme, à partir de cette heure, eut ses avocats. Ils discutaient, et on discutait avec eux. Aux yeux du gouvernement, ils étaient des gens plus susceptibles d'être pris au sérieux que les bons adeptes, sans éducation, d'une superstition orientale. Jamais, jusqu'à présent,^ le christianisme n'avait osé s'adresser directement à l'autorité romaine pour demander que la fausse position qui lui était faite fût rectifiée. Le caractère d'aucun des empereurs qui avaient précédé n'invitait à de

4. Justin, Dial. cum Tryph., ^ ; Orig., Contre Celse, III, 50: Martial^ IV, 53; Juvénal, xiii, 424 ; Galien, Therap. meth,, Xlil, 1 5 ; romande Secundus (grec), iniU; Ainmien Marcellin, XIV, ix, 5.

2. Ainsi Aristide (Eus, ^Chron., à Tan 427; saint Jér., De vtm ULj 20); Méliton (titre du De veritale, en syriaque); Athénagore (titres de ses ouvrages'); saint Justin (titres de ses ouvrages; Dial. cum Tryph,, init.; Eus., H, E., IV, viii, 3).

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telles explications. La pétition eût sans doute été rebutée et n'aurait été lue de personne. La curiosité d'Adrien, sa facilité d'esprit, la pensée qu'on lui faisait plaisir en lui présentant quelque fait ou quelque argument nouveau, encouragèrent au contraire des ouvertures qui, sous Trajan, eussent été sans objet. Il se mêlait à cela une pensée aristocratique, flatteuse pour le souverain et l'apologiste. Déjà le christianisme dévoile la politique qu'il suivra constamment à partir du iv*" siècle, et qui consistera surtout à traiter avec les souverains par-dessus la tête des peuples. « Avec vous, nous voulons bien discuter ; mais la foule ne vaut pas l'honneur qu'on lui donne des raisons *. »

Le premier essai en ce genre fut l'œuvre d'un certain Quadratus *, personnage^ important de la troi-

[ASty* Exiivou; ^s cù*^ iQ^cûpLOi à^touç toû àiroXo^eîaOai aÙTOÎç. Mo/ttyr^

Polyc, 10.

2. Eusèbe,^is/. ccc/.^IV, 3 ; Chron,, Schœne, p. 166-467; saint Jér., De viris ilL, 19; EpisL, 83 (84); Photius, cod. clxii. Il est peu probable que Quadratus Fapologiste soit identique à l'évêque d'Athènes, Quadratus, successeur de Publius (Denys de Cor., dans Eus., H. E„ IV, 23), Denys deCorinthe (vers 170) présente le martyre de Publius et la restauration de FÉglise d'Athènes par révoque Quadratus comme des fait^ qui viennent de se passer. Les martyrologes n'ont ici rien dé solide. Le prophète Quadratus (Eus., H, E,, III, 37; V, 17) était aussi sans doute un

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sième génération chrétienne, que Ton dit même avoir été disciple des apôtres. Quadratus remit à l'empereur une apologie du christianisme qui s'est perdue, mais qui fut fort estimée durant les premiers siècles. Il s'y plaignait des tracasseries que de « méchantes gens » suscitaient aux fidèles, et prouvait l'innocuité de la foi chrétienne. Il allait plus loin et cherchait à convertir Adrien par l'argument tiré des miracles de Jésus. Quadratus prétendait que l'on avait connu vivants encore de son temps* quelquesuns de ceux qui avaient été guéris ou ressuscites par* le Sauveur. Adrien se fût certainement fort amusé de

voir un de ces vénérables centenaires, et son affranchi Phlégon en eût enrichi son traité Sur les cas de longévité; mais cela ne l'eût pas convaincu. Il avait été témoin de tant d'autres miracles ! et il n'en avait tiré qu'une conclusion, c'est que le nombre des choses incroyables dans ce monde est infini. Phlégon, dans ses recueils tératologîques, avait donné place h plusieurs miracles de Jésus, et certainement Adrien

personnage différent de ces deux-là. La diffusion du nom de Quadratus à Athènes put tenir à Statius Quadratus, qui remplit les fonctions honorifiques de prêtre des Augustes à Athènes vers 1 40 {Corpus inscr. ^r.^n» 337; Wadd., Fastes, p. J94, 220-221 ; cf. Arch, dés miss,, 2« série, t, IV, p. 538-539). Les Quadratus ayant de la notoriété sont du reste très-nombreux à cette époque.

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